Kwilu : un calme fragile s’installe à Panu cité, 48 heures après les affrontements PNC - KulunaÂ
Quarante-huit heures après les violents affrontements ayant opposé la police aux Kuluna, la cité de Panu, dans le territoire d’Idiofa, amorce un retour progressif à la normale. La population, qui s’était réfugiée dans la forêt et sur les bancs de sable à la frontière entre Idiofa et la province du Maï-Ndombe, commence à regagner timidement le centre de la cité.
Les activités socio-économiques reprennent lentement. Les marchés rouvrent progressivement leurs étals et certaines écoles ont repris les cours, bien que dans un climat encore marqué par la prudence. Des scènes poignantes ont été rapportées durant cette période de fuite : deux femmes ont notamment donné naissance à des jumeaux en pleine forêt, faute d’assistance médicale.
Selon l’administrateur du territoire d’Idiofa, les échauffourées ont permis à des bandits détenus dans le cachot de la police d’être libérés par leurs complices. Pour prévenir toute résurgence de violences, un escadron de la Police nationale congolaise vient d’être déployé à Panu. L’autorité territoriale, Adelar Kintolo, se veut rassurante et affirme que « le calme est de retour et que toutes les activités ont repris ».
Un avis partagé par la nouvelle société civile locale, qui reconnaît une amélioration de la situation sécuritaire, tout en appelant à des mesures durables. Son coordonnateur, Arsène Kasiama, plaide pour le renforcement du dispositif policier à travers la création de plusieurs sous-commissariats à Panu. Il insiste également sur la nécessité pour la police de faire preuve de professionnalisme et de tact lors des opérations, afin d’éviter des pertes inutiles en vies humaines.
« La population revient progressivement au village et la vie reprend peu à peu. Mais Panu compte beaucoup de Kuluna. Il faudrait au moins quatre sous-commissariats pour mieux maîtriser la situation. Il faut aussi réfléchir aux mécanismes d’arrestation et d’acheminement de ces jeunes au parquet d’Idiofa afin d’éviter de nouvelles escalades », a déclaré Arsène Kasiama.
Pour rappel, ces violences ont éclaté lors du passage à Panu de policiers venus de Mokala. Selon le bourgmestre de la cité, les affrontements ont été déclenchés par l’arrestation de certains chefs de bande, une action vivement contestée par leurs partisans. Les échanges violents entre policiers armés et Kuluna munis d’armes blanches ont coûté la vie à deux policiers et à deux civils.
LK






Comments est propulsé par CComment