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Le renversement de la pyramide hiérarchique du pouvoir et les leaders populaires (Tribune)

Par Jean-Pierre Mbelu

Mukalenge batu bamuvinga bantu, kabatu bamuvinga nsona (Prov. Luba)

Lire sereinement les signes des temps est une entreprise difficile. Surtout lorsque ces temps sont maussades et donnent l’impression d’effacer certains repères. Surtout lorsque ces temps deviennent troubles et défient toute rationalité. Surtout lorsqu’ils donnent l’ impression que la raison est défaite. Ces temps brouillés interpellent et questionnent la trop grande place accordée à la raison au dépens des affects. Ils demandent si cet héritage de la modernité n’a pas besoin d’être remis profondément en cause au profit de la raison sensible. Oui. Les temps sont difficiles et compliqués. La conception du pouvoir hiérarchique en reçoit les contrecoups. Elle pourrait appeler à son secours une certaine tradicratie en vue de sauver, tant soit peu, »la vie bonne ». Sur le temps long. Un temps intégrant les notions de l’errance et de l’incomplétude permanente (entre les conquis de »la vie bonne » et leur instabilisation).

Des bakalenge deviennent des pieuvres

Dans les pays où la pyramide hiérarchique du pouvoir est, à tâtons, renversée, les leaders populaires (et/ou populistes) réussissent la reliance avec le peuple mis debout, devenu résistant et résilient. Ce peuple debout est le produit de la démultiplication de ces leaders populaires et des autres élites luttantes et structurantes ainsi que de leur interaction. Ces leaders populaires sont des « chefs », des « bakalenge » ayant compris le sens du « bukalenge », la signification, les devoirs et les obligations majeurs du « Mukalenge ».

Incarnés dans le peuple, les « bakalenge » deviennent des « pieuvres ». Tel est leur secret. Telle est leur force. Ils peuvent être vaincus sur le court terme. Sur le temps long, leur incarnation les rend invincibles.

S’incarner et interagir avec le peuple est l’un de ces devoirs et de ces obligations. Incarnés dans le peuple, les « bakalenge » deviennent des « pieuvres ». Tel est leur secret. Telle est leur force. Ils peuvent être vaincus sur le court terme. Sur le temps long, leur incarnation les rend invincibles. Pourquoi ? Ils ont réussi, avec le peuple debout, à se connaître, à mieux se connaître, à inscrire leur lutte dans leur histoire commune et dans leur tradition résistante et résiliente. Ensemble, ils se définissent comme étant les héritiers des aïeux ayant sacrifié leur vie pour que triomphent la liberté et la dignité.

Ayant bien circonscrit « la servitude initiale », ils ont compris qu’ils ne peuvent jouir de la véritable liberté que s’ils maîtrisent tant soit peu le destin en devenant, ensemble, « les démiurges » de leur propre destinée. Refusant la répétition de la renonciation à leur « nous » patriotiquement constitué, ils rejettent la mémoire aliénée et inscrivent leur lutte collective dans la promotion d’une mémoire vivante sur le court, le moyen et le long terme. Ils se connaissent. Ils connaissent leurs adversaires et leurs ennemis. Ils ont, sur le temps long, identifié leurs amis et savent, désormais, qu’ils ne sont pas seuls. Ils peuvent perdre des combats et pas la guerre contre leur soumission et leur abâtardissement.

« Non. On n’enchaîne pas la vérité »

Pour les « bakalenge », ce n’est pas leur « petit moi » qui compte. C’est d’abord et avant tout leur peuple. Ils peuvent être enchaînés. Ils savent que la vérité échappe aux chaînes et finit par triompher. Ils sont convaincus au plus profond d’eux-mêmes qu’on enchaîne pas la vérité. Ils vivent de cette conviction et la partagent avec leur peuple. Ils font l’unité des coeurs et des esprits en partageant cette conviction : « Non. On n’enchaîne pas la vérité ».

La conscience nationale éveillée se moque du temps qui passe. Il se moque de « la chronitite » réduisant le temps comptable à l’argent en disant « time is money ».

Lorsqu’il arrive qu’ils soient enchaînés, la pyramide renversée du pouvoir se redresse. Le peuple, propriétaire de ce pouvoir et souverain primaire se lève pour récupérer son dû. Cela peut prendre du temps. Beaucoup de temps.

La conscience nationale éveillée se moque du temps qui passe. Il se moque de « la chronitite » réduisant le temps comptable à l’argent en disant « time is money ». Il se fie au temps de la méditation, du recueillement, du discernement, de la lucidité et de la sérénité faisant advenir « le kaïros », le temps favorable de l’action individuelle et collective récusant « l’interdit de penser ».

Nos ancêtres, les « Bantu » et les « bintu »

Nos ancêtres avaient compris du lien entre le « Mukalenge » et ses sujets au dépens des « choses », des « bintu ». Le « Mukalenge » travaillant patriotiquement à la reliance avec les masses populaires à transmuter en peuple, en un peuple conscient de ses devoirs et de ses obligations, sur le court, moyen et long terme ne craint pas une année et/ou des années de sécheresse.

Le « Mukalenge » travaillant patriotiquement à la reliance avec les masses populaires à transmuter en peuple, en un peuple conscient de ses devoirs et de ses obligations, sur le court, moyen et long terme ne craint pas une année et/ou des années de sécheresse.

Elles ne sont pas un empêchement à la production des fruits au sein du peuple. Le privilège accordé aux « bantu » peut inciter à un usage rationnel des « bintu » pour protéger « la vie bonne ».

Les temps sont maussades. Les « individus souverains » se liguent contre les peuples souverains et/ou en quête de souveraineté. Ceux-ci ont besoin que se lèvent en leurs seins des « bakalenge » renversant la pyramide hiérarchique du pouvoir et de s’incarner afin que triomphe « le peuple d’abord ».

LPP/INGETA

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Les temps troublés et le livre (Tribune)

Par Jean-Pierre Mbelu

« Là où le désastre est une certitude, l’improbable est possible. »

– Babanya

Il arrive que certains événements troublent la quiétude individuelle et collective. Ils peuvent alimenter les questions dites d’actualité et assiéger l’imaginaire au point de nourrir une certaine naïveté et une certaine crédulité.

Il est vrai que les temps troublés sèment la peur et une certaine désolation. Au même moment que ces temps troublés invitent à la pratique de « l’éthique du désert » nécessaire au « dialogue intérieur », au « commerce avec soi-même », ils pourraient être des moments privilégiés pour rouvrir le livre. D’où l’importance, pour les amies et les amis de la pensée, d’avoir une petite bibliothèque chez soi et/ou d’en fréquenter une régulièrement.

Donald Trump, une chance énorme pour la pensée

Surtout qu’avec la présidence de Donald Trump, il y a une chance énorme à saisir : tout (ou presque) est dit clairement. Il n’est plus question de la guerre du bien contre le mal, de l’exportation de la démocratie et/ou de la défense des droits de l’homme. Non. Au sujet du pétrole vénézuélien, par exemple, il soutient que son pays va aller le chercher.

Donald Trump lui-même avoue qu’il reconduit la doctrine Monroe. Même si cette reconduction n’est pas sa reproduction, même si elle n’est pas du copier-coller, elle est un recours au passé. En d’autres termes, il n’y a rien de neuf sous le soleil US.

Son administration n’acceptera pas que ses adversaires et des ennemis aient accès aux ressources stratégiques de l’arrière-court US. Est-ce une nouvelle doctrine ? Non. Donald Trump lui-même avoue qu’il reconduit la doctrine Monroe. Même si cette reconduction n’est pas sa reproduction, même si elle n’est pas du copier-coller, elle est un recours au passé. En d’autres termes, il n’y a rien de neuf sous le soleil US. Les efforts déployés pour rendre à l’Amérique toute sa grandeur « again » s’inscrivent dans cette dynamique.

Est-ce possible de procéder à cette reconduction de la grandeur américaine en oubliant que « la fin de l’histoire » n’a pas eu lieu après la chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de l’URSS en 1991 ? Cette (re)grandeur pourrait-elle être possible après que « le rêve américain » ait connu son « requiem », après que ses « péchés originaires » aient été mis à nu comme l’écrit Noam Chomsky dans « Requiem pour le rêve américain » (2017). Si les Américains les ont oubliés, les peuples qui en ont été victimes ne sont pas tous amnésiques.

Ni la fin de l’histoire, ni la fin des idéologies

En fait, « la fin de l’histoire » prédite par Francis Fukuyama n’a pas eu lieu et la (re)colonisation des pans entiers du monde par le néolibéralisme n’a pas mis fin aux idéologies. La lutte menée contre « la démocratie » au pays de l’Oncle Sam depuis les années 1960 (Lire N. CHOMSKY, Deux heures de lucidité (2001)) n’a pas empêché aux « communards » vénézuéliens, héritiers de Bolivar et de Chavez, de renverser la pyramide hiérarchique du pouvoir afin de le gérer à partir de la commune en votant des projets (après débats, délibérations et décisions collectives) et en participant patriotiquement à leurs réalisations.

« La fin de l’histoire » prédite par Francis Fukuyama n’a pas eu lieu et la (re)colonisation des pans entiers du monde par le néolibéralisme n’a pas mis fin aux idéologies.

Donc, les efforts (re)coloniaux déployés par « les petites mains » du néolibéralisme pour sonner « la fin des idéologies » ont échoué au pays de Chavez. Là-bas, contre vents et marées, il n’y a eu ni « fin de l’histoire », ni « fin des idéologies ». Ceci ferait très mal aux narrateurs de l’hégémonie néolibérale. Enlever le fruit pourri vénézuélien de la corbeille des pays du monde pouvant se laisser contaminer serait pour eux la meilleure solution…

Si demain le pétrole n’est plus vendu en dollar ?

Revenons au pétrole vendu exclusivement en dollar depuis les années 1971-1973. En écrivant « La stratégie du chaos. Impérialisme et islam. Entretien avec Mohammed Hassan » (2011), Michel Collon et Grégoire Lalieu notaient ceci : « Si demain, le pétrole n’est plus vendu exclusivement en dollar, la domination US s’effondrerait par manque de capitaux. »

Le Sud global est en train de réinventer le monde. Et chaque réinvention a son côté tragique. Elle fait surgir les monstres et dévoilé la mesquinerie des corrompus et des traîtres.

En sommes-nous déjà là avec tous ces pays des BRICS commerçant avec le Venezuela, la Chine, l’Inde, la Russie, l’Iran, l’Iran, l’Arabie Saoudite, etc., en leur propres monnaies ? C’est peut-être ce que nous entendons et voyons. Donc, le Sud global est en train de réinventer le monde. Et chaque réinvention a son côté tragique. Elle fait surgir les monstres et dévoilé la mesquinerie des corrompus et des traîtres.

Chaque réinvention porte en elle la certitude du désastre. Même si là où le désastre est une certitude, l’improbable reste possible. Les derniers événements du Venezuela auraient-ils rendu amnésiques ? Il y a eu le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Iran, le Kongo-Kinshasa, etc.

Une proposition de lecture

Les temps troublés peuvent plonger dans l’amnésie. Pour rafraîchir la mémoire, voici une proposition de lecture :

GEOFFROY, La superclasse mondiale contre les peuples (2018)

B. BADIE, Quand le Sud réinvente le monde. Essaie sur la puissance de la faiblesse (2018)

E. TODD, Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain (2002)

N. KLEIN , La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre (2008)

COLLON, Bush, le cyclone (2005)

A. ORAIN, Le monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle) (2025)

 

LPP/INGETA

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Embouteillages/Kinshasa paralysée : quand l’État abdique face au chaos

Kinshasa ne respire plus. Elle suffoque. Chaque matin, la capitale de la République démocratique du Congo s’enfonce un peu plus dans une paralysie totale, rythmée par des embouteillages interminables qui transforment la ville en piège géant. Ce n’est plus un problème de circulation : c’est l’illustration brutale de la faillite de l’autorité publique.

L’État regarde, impuissant. La Police de circulation routière gesticule, la Police militaire est déployée comme pour masquer l’absence de solutions réelles. Rien n’y fait. L’anarchie règne, sans plan, sans règles, sans vision. À Kinshasa, on ne circule pas, on survit. Et cette survie quotidienne est devenue une humiliation collective.

Aucune politique sérieuse de mobilité urbaine n’existe. Ni au niveau provincial, ni au niveau national. Les annonces tapageuses, les décisions improvisées, les opérations spectaculaires sans lendemain ont toutes échoué. L’absence de coordination et le mépris de la planification ont conduit à une situation où chacun se débrouille, pendant que l’État se dérobe à sa responsabilité fondamentale : organiser la cité.

La colère populaire est légitime. Des malades meurent dans des ambulances immobilisées. Des citoyens abandonnent leurs véhicules au milieu de la nuit pour rentrer à pied ou à moto.

Pendant ce temps, les cortèges officiels bafouent les règles, roulent à contre-sens, plaques masquées et gyrophares arrogants, révélant un pouvoir qui s’exonère des lois qu’il impose aux autres. Cette injustice alimente le ressentiment et détruit la crédibilité de l’État.

Le danger est désormais politique et sécuritaire. À l’heure où le pays fait face à une insécurité persistante, où des milices inquiètent aux portes de la capitale, l’asphyxie de Kinshasa devient une menace directe pour les institutions, pour les services d’urgence et pour la stabilité même de la ville. Une capitale bloquée est une capitale vulnérable.

Il faut le dire sans détour : laisser Kinshasa dans cet état relève de la négligence grave. Réguler drastiquement l’importation des véhicules, investir massivement dans les transports publics, imposer l’exemplarité absolue aux autorités, repenser l’urbanisme et la circulation ne sont pas des options, mais des urgences nationales.

À force de tolérer le chaos, le pouvoir public abdique. Et quand l’État abdique, c’est la loi du plus fort qui s’installe. Kinshasa mérite mieux qu’un gouvernement spectateur de sa propre décomposition.

 

La Rédaction

Embouteillages/Kinshasa paralysée : quand l’État abdique face au chaos
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Tribune – Uvira, Washington et Pékin : derrière les mouvements militaires, une bataille géo-économique mondiale

La récente prise d’Uvira, survenue dans le sillage de l’accord de Washington négocié sous la médiation américaine, ne peut être comprise en dehors du cadre plus vaste qui redessine aujourd’hui les rapports de force mondiaux. Car derrière les diplomaties souriantes et les discours de paix se cache une réalité brutale : la bataille pour le contrôle des minerais critiques, indispensables à l’économie du XXIᵉ siècle, se joue dans l’Est de la RDC. Et Washington comme Pékin le savent.

Un théâtre local pour une rivalité globale

Depuis une décennie, l’Afrique centrale est devenue l’un des épicentres de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la RDC concentre plus de 60 % des réserves mondiales de cobalt et détient des quantités stratégiques de lithium, coltan, cuivre et germanium. À l’heure de l’électrification des transports, de la fabrication de semi-conducteurs et des technologies de défense, ces minerais ne sont plus de simples ressources : ce sont des leviers de puissance.

La Chine, anticipant cette mutation depuis longtemps, a verrouillé des pans entiers du secteur minier congolais. Son avance dans le raffinage mondial et son implantation dans les chaînes d’approvisionnement en métaux stratégiques donnent à Pékin une influence quasi hégémonique. C’est précisément ce que Washington cherche à contenir.

L’accord de Washington : diplomatie de paix ou diplomatie des ressources ?

L’implication américaine dans les discussions régionales n’a rien d’innocent. Officiellement, il s’agit de stabiliser l’Est congolais, dont les conflits chroniques entravent le développement. En réalité, cette stabilisation sert un second objectif, plus discret mais tout aussi réel : créer un environnement géopolitique favorable à un rééquilibrage économique, afin que les États-Unis puissent regagner une influence qu’ils jugent indispensable pour leurs industries stratégiques.

La paix, dans ce cadre, devient un outil au service d’une stratégie plus ambitieuse. En soutenant certains alignements diplomatiques ou sécuritaires, Washington cherche à réduire la dépendance de Kinshasa envers Pékin. Ce n’est pas tant “chasser les Chinois” que fragmenter leur domination et ouvrir la voie à des partenariats alternatifs.

Uvira : une pièce logistique dans un jeu qui dépasse la région

Il serait toutefois simpliste de voir dans Uvira un enjeu minier direct. Cette ville n’est pas un gisement, mais un carrefour : une porte d’entrée vers le Sud-Kivu, le Burundi et le lac Tanganyika, et une rampe d’accès vers les zones minières du Katanga. Contrôler Uvira, c’est maîtriser des axes vitaux pour le commerce légal comme illégal, pour les mouvements armés comme pour les flux économiques.

Dans un conflit où les routes valent parfois autant que les mines, l’emprise sur Uvira s’inscrit dans une stratégie d’ensemble : celle de remodeler les circuits logistiques, d’affaiblir certains réseaux, d’en renforcer d’autres, et in fine de redéfinir l’architecture sécuritaire régionale selon des intérêts qui dépassent largement les acteurs locaux.

La bataille des minerais critiques ne fait que commencer

La prise d’Uvira ne saurait donc être interprétée comme un épisode isolé. Elle est un symptôme d’une dynamique plus large : celle où les puissances mondiales utilisent la diplomatie, la pression économique, les alliances locales et parfois même le chaos pour redessiner la carte des influences.

La RDC, malgré elle, devient le champ de bataille d’une confrontation silencieuse mais déterminante pour l’économie mondiale. Les États-Unis ne cherchent pas une victoire militaire dans le Kivu ; ils cherchent à éviter une défaite stratégique face à Pékin dans la course aux métaux de l’avenir.

Uvira n’est qu’une pièce sur l’échiquier. Mais l’échiquier, lui, est global.

la diplomatie américaine, le rôle de groupes armés comme l’AFC-M23, les intérêts des multinationales, la rivalité USA–Chine et le corridor de Lobito en RDC: Les USA utilisent-ils une « diplomatie de la canonnière » ?

La diplomatie de la canonnière (gunboat diplomacy) renvoie à l’usage de la puissance, y compris militaire ou économique, pour imposer sa volonté.

Le corridor de Lobito est un projet d’infrastructure destiné à relier le centre minier de la RDC aux ports atlantiques via l’Angola, facilitant l’exportation vers l’Europe et les États-Unis afin de diversifier les routes commerciales dominées par les ports de l’océan Indien (via la Chine).

Les États-Unis et l’UE soutiennent ce projet comme un moyen de renforcer les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.

La République démocratique du Congo doit adopter une posture stratégique cohérente face aux profondes recompositions géo-économiques régionales et internationales. À cet égard, le corridor de Lobito constitue un projet d’infrastructure majeur : il relie le cœur minier de la RDC aux ports atlantiques via l’Angola, ouvrant un accès direct vers l’Europe et les États-Unis. Cette alternative réduit la dépendance historique aux corridors orientaux, largement dominés par les dynamiques commerciales de l’océan Indien et, surtout, par l’influence économique de la Chine.

Pour Washington et Bruxelles, cet axe logistique représente bien plus qu’une simple route de transport : il s’agit d’un outil géopolitique destiné à sécuriser des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques — cobalt, cuivre et autres éléments critiques — indispensables à leurs industries de pointe et à la transition énergétique. En soutenant le corridor de Lobito, ces puissances entendent rééquilibrer la compétition mondiale, réduire leur vulnérabilité géo-économique et s’implanter durablement dans la région.

Dans ce contexte, la RDC doit jouer pleinement son rôle de puissance stratégique au cœur de l’Afrique. Cela implique de défendre fermement ses intérêts, de renforcer sa capacité à négocier avec les partenaires internationaux, et surtout de consolider l’État sur ses fondements essentiels :

sécurité nationale,

souveraineté territoriale,

indépendance politique et économique,

maîtrise de ses ressources stratégiques.

Face aux rivalités de puissances et aux nouvelles formes de compétition mondiale, la RDC ne peut se permettre d’apparaître comme un simple espace d’extraction ou de transit. Elle doit se recentrer autour de ses forces de sécurité et de ses institutions afin de préserver son intégrité territoriale et d’affirmer son statut d’acteur souverain. L’époque où les logiques impérialistes dictaient le destin des nations africaines doit appartenir au passé ; l’heure est venue pour la RDC d’occuper, par stratégie et par volonté, la place de droit qui lui revient dans le concert des nations.

 

PRINCE KINANA SILUMBANZA
Président du MND
La relève pour la renaissance congolaise [RNC]

 

LPP/WISE.CD

 

Tribune – Uvira, Washington et Pékin : derrière les mouvements militaires, une bataille géo-économique mondiale
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Nouveau bras de fer entre Kigali et les FDLR : la paix sous haute tension

Analyse de Roberto Tshahe 

Alors que Kinshasa et Kigali annoncent une offensive conjointe contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le mouvement rebelle rwandais rejette toute reddition sans dialogue politique. Ce refus ravive les tensions historiques de la région des Grands Lacs et met à l’épreuve la diplomatie régionale.

Un refus qui relance les fractures du passé

Les FDLR, issues des milices hutus réfugiées en RDC après le génocide de 1994, ont depuis longtemps perdu de leur puissance militaire. Mais leur existence conserve une forte charge symbolique : pour Kigali, elles incarnent la persistance des génocidaires en exil ; pour leurs membres, elles représentent la défense des réfugiés hutus craignant de rentrer au Rwanda sans garanties de sécurité.

En conditionnant leur désarmement à un dialogue direct avec Paul Kagame, les FDLR cherchent à se repositionner politiquement, refusant d’être traitées comme une simple cible militaire. Leur message traduit aussi une méfiance persistante vis-à-vis de Kigali, accusé d’écarter toute réconciliation sincère.

Une coopération Kinshasa-Kigali à haut risque

L’annonce d’une opération conjointe contre les FDLR survient alors que les relations entre la RDC et le Rwanda demeurent extrêmement tendues. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda reproche à son voisin de tolérer la présence des FDLR sur son sol.

Dans ce contexte, une coopération militaire directe paraît paradoxale et risquée sur le plan politique : elle alimente la suspicion d’une partie de l’opinion congolaise, qui garde un souvenir douloureux des interventions rwandaises des années 1990-2000.

Entre survie stratégique et calcul diplomatique

Pour les FDLR, cet appel au dialogue s’apparente à une stratégie de survie. Le groupe sait que sa capacité de résistance militaire est limitée face à une offensive conjointe. En cherchant la médiation internationale, il tente de transformer un combat perdu d’avance en enjeu diplomatique.

Mais du côté de Kigali et Kinshasa, la tentation d’une solution rapide par la force reste forte, au risque de réactiver les cycles de violence dans l’Est congolais.

Un test décisif pour la paix régionale

Cette nouvelle séquence s’annonce comme un test majeur pour la diplomatie régionale. Si l’opération se déroule sans abus et parvient à neutraliser les FDLR, elle pourrait ouvrir la voie à un réchauffement prudent entre Kigali et Kinshasa.

Mais en cas d’échec ou de dérapages, elle risquerait de raviver les blessures des guerres du Congo et de fragiliser les efforts de médiation de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC.

Dans une région marquée par des alliances mouvantes et des méfiances anciennes, la question des FDLR rappelle une vérité essentielle : aucune stabilité durable ne peut naître d’une victoire militaire seule. La paix, ici plus qu’ailleurs, exige un courage politique et une mémoire partagée.

Nouveau bras de fer entre Kigali et les FDLR : la paix sous haute tension
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" L'EPARGNE AU SOUFFLE DU FRANC CONGOLAIS" ( POEME DU PROF BOBO B. KABUNGU)

Lorsque la monnaie prend de la hauteur,
Les prix s’apaisent, la crainte s’endort,
Et dans les foyers, naît la vigueur
D’un revenu mieux gardé que l’effort.

 

L’appréciation calme le marché,
Les biens s’offrent à moindre coût,
Et l’épargnant moins accablé,
Revoit l’avenir d’un œil plus doux.

 

 

La hausse du franc freine l’inflation,
Préserve la valeur du gain.
Ainsi s’affirme la raison
D’épargner pour des jours plus sains.

 

La confiance renaît dans la monnaie,
Les ménages quittent le dollar,
L’économie se fait ordonnée,
Le franc devient pilier du devoir.

 

Les banques, fortes de cette foi,
Recueillent un flux d’épargne accrue,
Le crédit suit les règles et la loi,
Et la croissance va dans le sens voulu.

 

Les taux réels trouvent leur éclat,
Récompensant l’effort des mains,
Car l’épargne, au lieu d’être là-bas,
Fleurit enfin sur le chemin.

 

Mais cette force, pour demeurer,
Demande rigueur et confiance,
Une politique bien mesurée,
Et la prudence en toute instance.

 

Ainsi, le franc qui se consolide,
Rend le foyer plus résilient,
Et par son cours stable et lucide,
Fait naître un peuple épargnant.

 

Prof. Bobo B. KABUNGU, Économiste banquier central 
Chargé de recherche au Centre de recherche en sciences humaines (CRESH)
Poème rédigé ce 31 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de l’épargne.

" L'EPARGNE AU SOUFFLE DU FRANC CONGOLAIS" ( POEME DU PROF BOBO B. KABUNGU)
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SOCIÉTÉ : LA LECTURE, UNE CULTURE LONGTEMPS OUBLIÉE PAR LES KINOIS 

Autrefois considérée comme l’un des meilleurs moyens de nourrir l’esprit, la lecture semble aujourd’hui avoir perdu de sa saveur auprès d’une bonne partie des Kinois. Dans une ville où les distractions numériques occupent de plus en plus d’espace, le livre a-t-il encore une place dans la vie quotidienne ? Pour en savoir davantage, la rédaction de Lepouvoirparlepeuple.com est allée à la rencontre de quelques habitants de la capitale.

« Honnêtement, je ne me rappelle plus la dernière fois que j’ai ouvert un livre », avoue Raissa Kalama, récemment diplômée en coupe et couture. « Entre les réseaux sociaux, la musique et les films, la lecture paraît ennuyeuse. Pourtant, je sais qu’elle est importante pour mon avenir. »

De son côté, Joseph, vendeur au marché Gambela, estime que le problème est d’abord économique :

« Avec le coût de la vie à Kinshasa, acheter un roman ou un journal devient un luxe. On préfère investir dans la nourriture. »

Mais tout n’est pas sombre. Devant une table de vente de livres à Victoire, nous avons rencontré Bélange, jeune passionnée de littérature et étudiante à l’UNISIC (ex-IFASIC).

« La lecture me permet de voyager sans bouger. Même si mes amis trouvent ça démodé, moi, je ne peux pas m’en passer », confie-t-elle, un roman à la main.

Le contraste est frappant : entre ceux qui s’éloignent du livre, happés par la modernité et les contraintes sociales, et ceux qui s’y accrochent par passion ou par nécessité intellectuelle.

Face à cette réalité, certains acteurs culturels plaident pour la relance des clubs de lecture, l’organisation de foires du livre et surtout, une politique de promotion de la lecture adaptée aux jeunes générations.

La question demeure : dans un Kinshasa en perpétuel mouvement, le goût de la lecture, longtemps perdu, pourra-t-il retrouver sa place dans le quotidien des Kinois ?

 

Exaucé MWANO

 

SOCIÉTÉ : LA LECTURE, UNE CULTURE LONGTEMPS OUBLIÉE PAR LES KINOIS 
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EGLISES DU REVEIL: LE PASTEUR MULEBA DENONCE L'EVANGILE BUSNESS

L’évangile business 

La frontière entre le séculier et le sacerdoce n’existe plus, on utilise l’évangile pour s’enrichir et pour être vu.

On organise des séminaires et des conventions pour faire des appels des fonds à la fin.

On utilise les dons spirituels pour se faire de l’argent. 

- Ecole des Prophètes payantes, donc si tu n’as pas d’argent tant pis pour toi.

- Il te faut une offrande pour rencontrer l’Homme de Dieu, si tu n’as pas d’argent tant pis pour toi.

- Tu reçois une prophétie il faudra la sceller avec une offrande sinon ça s’accomplira pas.

- On écrit des livres pour se faire des bénéfices 

- Il y a des concerts VIP, donc il y a d’autres enfants de DIEU qui ne sont pas VIP.

- Il n’y a plus des différents entre les clips gospels et profanes, images (danses), sons et scènes.

Une autre chose qui me choque dans différents lives qui pullulent les réseaux sociaux, ce qu’on met plus en évidence c’est :

« Pour vos dons et offrandes…numéro de compte…»

Rarement les mentions du genre : « Pour donner votre vie à Christ »

On a remplacé l’appel au salut par les appels des fonds, il existe même des spécialistes des appels des fonds. Les évangélistes spécialistes des appels au salut on en a plus vraiment besoin.

Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Mathieu 10:8. Romains 2:5-6

 

PASTEUR MULEBA 

 

 

EGLISES DU REVEIL: LE PASTEUR MULEBA DENONCE L'EVANGILE BUSNESS
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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA) QUID?

L’IA (Intelligence Artificielle) est un domaine de l’informatique qui consiste à créer des systèmes capables d’exécuter des tâches qui, normalement, nécessitent l’intelligence humaine.

Ces tâches incluent par exemple :

1. Comprendre le langage (traduction, conversation, résumé de texte).

2. Apprendre à partir de données (reconnaissance d’images, recommandations).

3. Prendre des décisions (planification, diagnostic médical, conduite autonome).

4. Résoudre des problèmes complexes (optimisation, jeux d’échecs ou de Go).

En résumé, l’IA cherche à imiter certaines capacités du cerveau humain grâce à des algorithmes, des modèles mathématiques et la puissance des ordinateurs.

Imaginons que tu utilises YouTube ou Netflix.

Tu regardes souvent des vidéos de musique ou des films d’action.

- L’IA observe ce que tu regardes, apprend tes goûts et ensuite te suggère de nouvelles vidéos ou films qui te plairont sûrement.

Un autre exemple simple :

- Quand tu parles à Siri, Google Assistant ou ChatGPT, l’IA comprend tes mots et fabrique une réponse comme le ferait une personne.

- Donc, l’IA, c’est comme un apprenti intelligent qui apprend en observant beaucoup d’exemples et qui essaie d’agir comme un humain.

 

Louis d'or Balekelayi

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA) QUID?
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"RÉSEAUX SOCIAUX ET MARCHÉ NUMÉRIQUE À KINSHASA " , tel est le sujet du mémoire de licence en communication numérique de BOPE MINGA ACHILLE ( ISIPA)

À l’heure où le numérique révolutionne les pratiques commerciales, une recherche académique récente apporte un éclairage inédit sur l’impact des réseaux sociaux sur le marché numérique à Kinshasa. Réalisée par Bope Minga Achille et supervisée par le Chef de travaux depuis 4 ans et Doctorant chercheur en communication numérique Louis d’or BALEKELAYI NYENGELE, cette étude met en lumière la manière dont les plateformes digitales transforment les habitudes des consommateurs et la stratégie des entreprises kinoises.

Le problème général de cette recherche repose sur : le manque de connaissances sur l'Impact des réseaux sociaux sur le marché numérique à Kinshasa. 

À Kinshasa, malgré la popularité croissante de Facebook, WhatsApp, Instagram ou encore TikTok, de nombreuses institutions bancaires comme la Rawbank, peinent encore à tirer pleinement profit de ces outils. Méfiance des consommateurs, déficit de formation digitale et infrastructures numériques parfois limitées constituent autant de freins à leur intégration efficace.

Afin d’apporter des réponses concrètes, Bope Minga Achille a fait usage de la méthode ethnosociologique.

À travers des questionnaires d'enquête auprès d'un échantillon de 100 personnes, il a pu analyser les comportements numériques des habitants de Kinshasa et mesurer l’influence des réseaux sociaux sur leurs décisions d’achat. Cette démarche qualitative offre un regard ancré dans le vécu quotidien des consommateurs.

Les résultats démontrent que les réseaux sociaux représentent des leviers puissants pour dynamiser l’économie numérique locale :

• Ils renforcent la visibilité des produits et services ;

• Ils créent une relation de proximité entre entreprises et clients ;

• Ils favorisent l’essor des transactions en ligne, notamment chez les jeunes adultes.

Pour maximiser ce potentiel, l’étude formule trois recommandations majeures :

• Renforcer la formation numérique des entreprises locales pour professionnaliser leur présence en ligne ;

• Améliorer les infrastructures numériques afin de garantir confiance et efficacité ;

• Développer une interactivité accrue entre entreprises et clients, fondée sur la transparence et la réactivité.

L’originalité de cette étude réside dans sa contextualisation locale. En prenant Kinshasa et plus particulièrement la Rawbank comme terrain d’analyse, Bope Minga Achille montre comment les réseaux sociaux façonnent non seulement les pratiques de communication, mais influencent également les comportements d’achat et la dynamique économique de la capitale congolaise.

 

A. BOPE, Auteur, webmaster et Reporter au journal le Pouvoir du peuple

"RÉSEAUX SOCIAUX ET MARCHÉ NUMÉRIQUE À KINSHASA " , tel est le sujet du mémoire de licence en communication numérique de BOPE MINGA ACHILLE ( ISIPA)
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