Au sujet des objectifs de la guerre imposée au Kongo. Des petits rappels (Tribune)

Au sujet des objectifs de la guerre imposée au Kongo. Des petits rappels (Tribune)

Par Jean-Pierre Mbelu

« Une société qui se ment n’apprend rien. Elle est condamnée, non pas nécessairement à disparaître, mais à vivre dans le chaos permanent. Se mentir à soi même est le péché intellectuel sans rémission. Â»
– Eboussi Boulaga

Le narratif sur la guerre imposée au Kongo-Kinshasa avec la complicité de certaines de ses filles et certains de ses fils a besoin, de temps en temps, d’être questionné par la mémoire historique. Une mémoire éveillée et vivante. Fondée à la fois sur l’oraliture et les livres, elle vit du récit des témoins morts et vivants. Elle est entretenue par les livres des bibliothèques de ceux et celles qui, depuis bientôt plus de trois décennies, ont fait de cette guerre l’un des objectifs majeurs de leurs recherches. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication permettent, de temps en temps, de remettre les pendules à l’heure. Même si un excès de connectivité ou une certaine infobésité peuvent, à la longue, se révéler nocifs pour une bonne intelligence de cette guerre de prédation et d’usure.

Des objectifs matériels et qualitatifs

Rappeler que cette guerre de prédation est aussi une guerre d’usure est important. C’est une façon de soutenir que ses objectifs ne sont pas que matériels.

Etudier, connaître et approfondir à la fois les objectifs matériels et qualitatifs de la guerre raciste de prédation, de basse intensité et d’usure imposée au Kongo-Kinshasa est nécessaire à la diversification des lieux de lutte et au dépassement des limités liées aux solutions économicistes.

Il y a un accord quasi unanime sur ses objectifs matériels : faire main basse sur les richesses du sol et du sous-sol kongolais ; diviser le pays en de petits morceaux pouvant être opposés les uns aux autres, balkaniser le pays, le conduire à son implosion, donner certains de ses morceaux aux pays voisins, etc. Comment les prédateurs en arrivent-ils ou peuvent-ils en arriver à atteindre ces objectifs matériels ?

En y adjoignant des objectifs qualitatifs. Citons-en quelques-uns : l’infiltration, le mensonge, la traîtrise, la corruption, le refus de la souveraineté et de l’indépendance réelles du pays, le mépris et la soumission des Kongolais(es), leur assujettissement ; des efforts conjugués pour anéantir leur patriotisme, leur résilience et leur résistance individuelles et collectifs et/ou pour briser leur unité dans la production de l’intelligence collective en vue de les abêtir,  Â»la sorcellerie Â» envoûtant leur capacité de penser et de sentir et cultivant en eux  Â»le syndrome de la femme battue Â», etc.

Une commune réalisation prédatrice et des réponses holistiques

Au cours de cette guerre d’usure, la réalisation prédatrice des objectifs matériels marche souvent de pair avec celle des objectifs qualitatifs. La cession des richesses du sol et du sous-sol s’accompagne de la renonciation consciente et/ou inconsciente à la souveraineté et à l’indépendance réelles du pays. Tout comme la renonciation au patriotisme, à la résilience et à la résistance sur le moyen et le long terme peut être le signe de l’acceptation de l’implosion et de la balkanisation du pays. Les traîtres, les corrompus et les infiltrés y prêtent main forte.

Si les dimensions spirituelle, culturelle, sociale, (juridique et) juridique, sécuritaire, politique, éthique, philosophique, psychologique et/ou psychanalytique structurantes de l’humain kongolais sont absentes de la quête des réponses holistiques à cette guerre, elle risque se poursuivre sans fin. Le chaos risque d’être permanent.

Céder les richesses du pays aux pompiers-pyromanes peut être révélateur du  Â»syndrome de la femme battue Â», victime consentante de la manipulation prédatrice et convaincue crédulement que les coups auxquels elle est soumise depuis une soixantaine d’années sont les marques de l’amour.

Se focaliser sur les objectifs matériels de la guerre de prédation et d’usure imposée au Kongo-Kinshasa sans prendre en compte ses objectifs qualitatifs peut conduire aux solutions économicistes limitées. En effet, si les dimensions spirituelle, culturelle, sociale, (juridique et) juridique, sécuritaire, politique, éthique, philosophique, psychologique et/ou psychanalytique structurantes de l’humain kongolais sont absentes de la quête des réponses holistiques à cette guerre, elle risque se poursuivre sans fin. Le chaos risque d’être permanent.

Pour cause. Comment des solutions économicistes peuvent-elles, par exemple, guérir individuellement et collectivement du  Â»syndrome de la femme battue Â» ou de  Â»la sorcellerie capitaliste Â» ? Sans le secours du spirituel, du philosophique et du psychanalytique, les solutions économicistes demeurent insuffisantes. Comment, sans l’apport du culturel, du juridique et du judiciaire, garantir une paix durable dans un pays où des traîtres, des corrompus et des infiltrés au service des pompiers-pyromanes ont envahi les institutions et les structures de l’Etat avec comme objectif majeur, le transformer en un  Â»Etat raté Â» sur le moyen et le long terme ?

Conclusion : un pari réaliste à gagner

Donc, étudier, connaître et approfondir à la fois les objectifs matériels et qualitatifs de la guerre raciste de prédation, de basse intensité et d’usure imposée au Kongo-Kinshasa est nécessaire à la diversification des lieux de lutte et au dépassement des limités liées aux solutions économicistes. Favoriser la multiplication des lieux de la production du savoir et de l’intelligence collective, antidote contre l’abêtissement individuel et collectif et véritable fer de lance des réponses holistiques aux pompiers-pyromanes et aux victimes du « syndrome de la femme battue Â». S’organiser et s’engager sur cette voie en sachant que les véritables changements sont souvent difficilement perceptibles et moléculaires est un pari réaliste que les patriotes souverainistes, les résilients et les résistants kongolais ont à gagner sur le moyen et le long terme en devenant les véritables « démiurges Â» de leur propre destinée, adversaires acharnés contre toute forme de mémoire aliénée répétant « la servitude initiale Â».

LPP/INGETA

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