RDC-USA: le partenariat stratégique entre dans sa phase opérationnelle

RDC-USA: le partenariat stratégique entre dans sa phase opérationnelle

Le partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis franchit un cap décisif avec la tenue, jeudi 5 Février 2026 de la première réunion du Comité de pilotage conjoint (Joint Steering Committee – JSC). Cette rencontre marque l’entrée officielle de l’accord dans sa phase opérationnelle.

Les discussions ont porté en priorité sur l’examen de la liste des actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve – SAR) transmise par la partie congolaise. Ce document recense notamment des minerais critiques, de l’or ainsi que des zones d’exploration, destinés à servir de base à un rapport conjoint visant à orienter le secteur privé américain vers des opportunités d’investissement jugées stratégiques.

Les projets soutenus par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) ont été identifiés comme prioritaires. À cet effet, une assistance technique renforcée est annoncée, avec le déploiement d’équipes américaines sur le terrain afin d’identifier, en collaboration avec les autorités congolaises, les besoins d’accompagnement et de structuration des projets.

Une architecture institutionnelle bien définie

L’accord RDC–États-Unis repose sur un calendrier précis. Dans les quinze jours suivant son entrée en vigueur, les deux parties ont notifié la composition de leurs délégations au sein du JSC. Côté américain, y participent notamment les départements d’État, du Trésor et du Commerce, la DFC ainsi qu’une autre agence désignée. La RDC y est représentée par les ministères clés et la Présidence de la République.

Dans un délai de trente jours, Kinshasa a transmis la liste initiale des actifs du SAR et des projets stratégiques désignés, considérés comme moteurs de l’industrialisation et de la stabilisation économique du pays. La première réunion du comité, tenue dans le délai de 90 jours prévu, consacre le JSC comme l’organe central de pilotage du partenariat. Il se réunira deux fois par an, avec la possibilité de sessions extraordinaires.

Transparence et implication du secteur privé

L’accord prévoit un rôle actif de l’ambassade des États-Unis à Kinshasa, qui recevra des briefings trimestriels sur les quotas d’exportation de cobalt et les décisions y afférentes. Par ailleurs, la création du Forum économique bilatéral États-Unis–RDC (BEPF) vise à renforcer le dialogue entre les gouvernements et le secteur privé. La première édition devra se tenir dans l’année suivant l’entrée en vigueur de l’accord.

Chaque année, le JSC évaluera les incitations fiscales et réglementaires en RDC et formulera des recommandations conjointes. Les projets du SAR n’ayant pas suscité d’intérêt feront l’objet d’un réexamen périodique afin d’en améliorer l’attractivité.

Le projet Grand Inga en ligne de mire

Un Comité de coordination et de gouvernance du projet Grand Inga est également institué. Composé à parts égales de représentants congolais et américains, il aura pour mission de coordonner la mobilisation des investissements pour ce projet énergétique stratégique.

Avec cette première réunion, le partenariat stratégique RDC–États-Unis quitte le registre des intentions pour s’inscrire dans une dynamique d’actions concrètes, ouvrant la voie à une coopération économique fondée sur l’investissement, la transparence et la transformation durable de l’économie congolaise.

 

LK

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