RDC : vers l’introduction de l’éducation à la sécurité numérique dès le préscolaire pour lutter contre les cyberarnaques
L’intégration de l’éducation à la sécurité numérique dans les programmes de l’enseignement préscolaire est envisagée en République démocratique du Congo afin de mieux protéger les citoyens, dès le bas âge, contre les cyberarnaques et autres menaces en ligne. Cette proposition a été évoquée jeudi, lors de la première journée d’un atelier de formation consacré à la sécurité numérique et à la protection de la vie privée, organisé par le Collectif 24 à Kinshasa.
« Lorsqu’on travaille en ligne, il est indispensable de se doter de techniques et de mécanismes de protection pour éviter les arnaques et les cyberattaques. Aujourd’hui, les nouvelles technologies, les outils informatiques et Internet sont accessibles à tous. Il est donc crucial de savoir s’en protéger », a déclaré Henri Christin Longendja, secrétaire exécutif du Collectif 24.
Selon lui, cet enjeu appelle une réponse institutionnelle forte. « Nous lançons un appel au gouvernement afin que l’éducation aux médias, l’éducation à l’information et la sécurité numérique soient intégrées comme modules d’enseignement dès les niveaux préscolaire et primaire », a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, il a insisté sur la nécessité d’adapter le système éducatif aux réalités actuelles. « Avec les efforts engagés par la ministre de l’Éducation nationale en matière de numérique, il devient essentiel d’intégrer ces notions dans la formation des enfants, notamment en ce qui concerne l’éducation aux médias, à l’information et la protection dans l’environnement numérique », a-t-il ajouté.
Abordant la question de la vie privée, M. Longendja a mis en garde contre les risques liés à la méconnaissance des outils numériques. « La protection de la vie privée est fondamentale. Sans cela, nous devenons vulnérables. Aujourd’hui, dans un monde globalisé, nous acceptons souvent, sans en mesurer les conséquences, des contrats d’adhésion liés à l’utilisation des plateformes numériques. Si nous ne maîtrisons pas ces mécanismes, nous sommes davantage exposés. La guerre numérique est devenue, à bien des égards, plus redoutable que les conflits armés », a-t-il expliqué.
Il a également relevé que la vie quotidienne est désormais fortement influencée par le numérique. « Notre existence est aujourd’hui conditionnée par les technologies numériques. Il est difficile d’y échapper, d’autant plus que la gouvernance moderne repose sur le droit d’accès à l’information. Toutefois, ce droit doit aller de pair avec la protection de la vie privée, particulièrement fragile dans l’espace numérique », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, l’intervenant a plaidé pour une sensibilisation accrue des professionnels des médias et des organisations de la société civile face à ces défis. « Il est essentiel d’apprendre à se protéger contre les cyberarnaques et les cyberattaques. Avec l’évolution du cadre légal en matière de numérique, des mécanismes de protection doivent être renforcés pour éviter une exposition excessive, surtout dans un contexte où la transparence et la gouvernance passent de plus en plus par les plateformes en ligne », a-t-il affirmé.
Il a réitéré l’importance d’inscrire l’éducation aux médias, à l’information et au numérique parmi les priorités gouvernementales. « Ces enseignements doivent devenir une composante essentielle des politiques publiques afin de préserver la société et préparer les générations futures », a-t-il conclu.
LK






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