FRATEL 2026 : à Kinshasa, les réseaux communautaires s’imposent comme levier d’inclusion numérique en RDC
À Kinshasa, le 23ᵉ séminaire de FRATEL a mis en lumière une solution encore peu exploitée mais prometteuse : les réseaux communautaires. Lors d’un atelier animé par Jean-Baptiste Millogo et Armant Chako, avec l’appui de Internet Society, les participants ont exploré des pistes concrètes pour élargir l’accès à Internet en République démocratique du Congo.
Le constat reste préoccupant. « Près de 2,6 milliards de personnes dans le monde sont encore privées d’Internet », souligne Union internationale des télécommunications (UIT). En Afrique, « moins d’un quart de la population rurale est connectée », selon la même source. Pour Jean-Baptiste Millogo, « l’immensité du territoire congolais et les défis sécuritaires accentuent la fracture numérique ».
Face à ces défis, les réseaux communautaires apparaissent comme une réponse adaptée. « Les réseaux communautaires constituent une alternative crédible et durable », affirme Jean-Baptiste Millogo. « Ils sont conçus, déployés et gérés par les communautés elles-mêmes, en fonction de leurs besoins réels », ajoute-t-il, insistant sur leur caractère inclusif.
Les discussions ont mis en avant trois leviers majeurs. « Le financement reste un pilier central, notamment via les fonds de service universel et les subventions », explique Jean-Baptiste Millogo. Il poursuit : « un cadre réglementaire plus souple, avec des licences adaptées, est indispensable pour encourager ces initiatives ». Enfin, « l’accès au spectre doit être facilité, notamment à travers les bandes Wi-Fi libres et le partage dynamique », précise-t-il.
De son côté, Armant Chako a partagé une expérience concrète à travers Pamoja Net : « un réseau communautaire peut être viable dans la durée s’il repose sur une technologie fiable, une gestion structurée et un financement continu ». Elle souligne également que « la combinaison des contributions locales et des appuis extérieurs est essentielle pour garantir la pérennité du modèle ».
Au-delà de l’accès à Internet, les intervenants s’accordent sur l’impact plus large de ces initiatives. « Les réseaux communautaires favorisent l’accès à l’éducation, à la santé et à l’information », rappelle Armant Chako. Pour elle, « ils représentent une opportunité réelle d’accélérer l’inclusion numérique en RDC, en particulier dans les zones rurales et enclavées ».
LK







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