RD Congo : Face aux consultations de Tshisekedi, le FCC veut resserrer les rangs

RD Congo : Face aux consultations de Tshisekedi, le FCC veut resserrer les rangs

Depuis lundi 02 novembre au Palais de la Nation, siège officiel des bureaux du président dans la capitale de ce vaste pays d'Afrique centrale, Félix Tshisekedi consulte les leaders politiques et sociaux sur la crise entre les partenaires de la coalition au pouvoir, FCC-CACH. Respectivement les plateformes politiques de l'ancien président Joseph Kabila, majoritaire au Parlement, et la sienne, qui chapeaute le pouvoir exécutif. Un texte de la Présidence dévoile « le sens et la raison » de ces rencontres.

D'abord, dans le message à six minutes adressé à la Nation le 23 octobre dernier, le chef de l'État congolais assurait n'épargner « aucun cas de figure » à l'issue de ces multiples rencontres.
 
Dans le texte rendu public tôt dans la matinée de ce mardi 03 novembre, la Direction de la communication de la Présidence se veut plus précise.
 
« À son avénement à la magistrature suprême, le président de la République avait soutenu l’idée d’une coalition en misant sur le fait que ses partenaires politiques allaient appuyer sa vision. La classe politique devait donc s’accorder sur une maxime : la coalition suppose un chef et une seule vision. Cependant, deux ans plus tard, le blocage s’est avéré comme une marque déposée des FCC, les alliés du CACH », accuse ce texte.
 
Qui poursuit, « on a assisté non seulement au blocage, mais aussi à la contestation de l’autorité du chef de l’État. La patience ayant des limites, le président de la République a donc tapé du point sur la table, en sa qualité de garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions de la République. »
 
Et de conclure, « deux options sont sur la table :
L’option 1, recomposition de la majorité au Parlement; l’option 2, probabilité d’une dissolution du Parlement. Pour en arriver là, le chef de l’État a décidé de consulter, afin de mettre sur pied une Union sacrée de la Nation afin d’obtenir un large consensus. S’agissant des personnes à consulter, il s’agit essentiellement de leaders représentatifs et des forces représentatives. »
 
Face à Tshisekedi, le FCC veut consolider sa stratégie de l'unité
 
Le même lundi, jour de l'ouverture des travaux des consultations par le président congolais, les cadres du Front commun pour le Congo (FCC) se sont réunis en travaux préparatoires de la deuxième retraite politique, toujours dans la capitale, en vue de « ficeler les dossiers brûlants de l'heure », tweete le compte officiel du FCC. Le décor pour un bras de fer politique atroce entre les deux désormais ex-partenaires est donc planté, estiment certains analystes favorables aux initiatives de la famille politique de Joseph Kabila.
 
Quelques uns accusent le président Tshisekedi de jouer aux « faux-fuyants » face aux défis que représente le Congo, voient en lui un homme qui « ne respecte  pas ses engagements et n'a aucun respect à la parole donnée. » Et considèrent ses consultations comme l'activation d'une large campagne « de debauchages et d'achats de conscience. »
 
Une liste pro-FCC qui accable Félix Tshisekedi est d'ailleurs largement partagé dans les réseaux sociaux. On y lit, « à Genève, il a retiré sa signature de l'accord de la coalition LAMUKA (plateforme de l'opposition, aujourd'hui minée par des divergences, ndlr), à Nairobi, l'accord qui a été signé avec Vital Kamerhe  est sans nul doute jeté dans les oubliettes, à Kingakati, le deal avec Joseph Kabila est au bord de l'implosion... »
 
L'agressivité des discours croisés nous fait croire que le vin est tiré. A défaut de le boire, il faudra le repandre. Toutefois, le retour sur la table entre le FCC et le CACH est toujours prévisible, l'impossible n'est pas Politique.
 
Tony-Antoine Dibendila

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