Les sénateurs congolais répondent à la lettre « non objective » de sénateurs americains

Les sénateurs congolais répondent à la lettre « non objective » de sénateurs americains

Ils sont en tout sept sénateurs congolais membres de la commission des relations extérieures présidée par Francine Muyumba Nkanga à répondre, à travers une correspondance, à leurs homologues américains. Ces derniers, également membres de la commission relations extérieures du Sénat des USA, ont écrit plus tôt une lettre sur l'évolution politique en RD Congo, dans laquelle ils demandent aux secrétaires au Trésor Steve Mnuchin et à l'État Mike Pompeo à soutenir les efforts du président Tshisekedi, en étant dans la même note très dure contre la gouvernance de son prédécesseur.

Dans la correpondance-réplique des parlementaires congolais lue vendredi soir par votre rédaction, il est remarqué un recadrage en termes d'approche, mais aussi de la lutte contre la corruption et l'insécurité à l'Est de la RD Congo.
 
« La commission des relations extérieures de la RD Congo apprécie vos recommandations visant à renforcer la coopération institutionnelle entre nos deux États, notamment en matière d'amélioration de la gouvernance de l'État, de la garantie de la sécurité et de la lutte contre la corruption. Il va sans dire que ce soucis intéresse au plus haut point le Parlement congolais qui, sans être assujetti à aucune injonction extérieure, travaille assidûment à travers une législation forte et un contrôle parlementaire rigoureux et permanent à l'amélioration des conditions de vie du peuple congolais », disent les sénateurs congolais.
 
Qui poursuivent, « les observations et thématiques soulevées dans la lettre susmentionnée auraient gagné en objectivité si elles étaient fondées sur une approche holistique du contexte politique et du système de gouvernement de la République démocratique du Congo. En vertu de ses prérogatives constitutionnelles, le Parlement congolais est pleinement mobilisé dans la lutte contre la corruption et encourage le gouvernement, sous l’arbitrage du président Félix Tshisekedi, à poursuivre et à accentuer les efforts déjà consentis dans ce sens sous le mandat de Joseph Kabila, notamment l’opération dite "tolérance-zéro" ainsi que la mise en place d’un conseiller spécial et d’un service technique ad hoc en charge de la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent. »
 
En effet, Francine Muyumba Nkanga, Jérôme Bikenge Musimbi, Jean de Dieu Moleka Liambi, Léonard She Okitundu, Dieudonnette Mungwananjo Boyekombo, Boni Mwawatadi Banjila Shibondo, Mossai Sanguma; s'en prennent au côté partisan de la lettre des sénateurs américains qui n'est nullement revenue sur les efforts fournis sous Joseph Kabila pour ne s'attardait qu'à ceux sous Félix Tshisekedi.
 
Une lettre qui évoque en outre des questions de souveraineté telles que la réforme électorale, celle sécuritaire chapeautée par une formule ambigue qu'est « l'or du conflit », en agitant au passage le chiffon rouge des sanctions ciblées. Les sénateurs congolais veulent donc par conséquent dire entre autres « non aux immixtions dans les affaires intérieures » de l'État congolais.
 
Tony-Antoine Dibendila

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