Marche FCC : L'UDPS répond à Raymond Tshibanda qui dit constater du « recul démocratique »

Marche FCC : L'UDPS répond à Raymond Tshibanda qui dit constater du « recul démocratique »

Lors de la marche organisée par le Front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président Joseph Kabila, jeudi 22 juillet, votre rédaction a pu atteindre dans cette marmaille humaine dans les allées du boulevard Triomphal, l'ex-ministre des affaires étrangères et cadre du FCC Raymond Tshibanda, en pleine marche. Dans cet entretien à la va-vite, il s'est voulu explicite et surtout précis, la République démocratique du Congo connait du « recul » sur le plan démocratique, où le président Tshisekedi cherche à faire primer  « sa volonté » en lieu et place des lois de la République.

Ce que le président de la Ligue des jeunes de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) Emani Dioko considère comme du « délire non systématisé », et ne cadrant nullement avec « la réalité. »
 
Une perception à l'opposé de celle de Raymond Tshibanda : « L'état d'urgence a été levé il y a moins de 48 heures, et vous voyez vous-meme l'affluence qu'il y a tout autour de nous. Imaginez s'il y avait plus de temps, ce qui ce serait passé à Kinshasa. Ce que vous avez vu ce n'est qu'un échantillon, parce que Kinshasa, ce n'est pas la République démocratique du Congo. Nous allons reproduire la même chose à travers la RDC. Les gens doivent se rendre compte que derrière la majorité parlementaire il y a une réelle majorité populaire », dit le diplomate.
 
Pour ensuite être plus aigre, « nous marchons pour la paix et la stabilité dans notre pays, mais aussi et surtout pour marquer notre solidarité avec le peuple congolais. Nous le savons, nous traversons une période très difficile avec la pandémie de la COVID-19 mais aussi la détérioration de la situation économique et sociale... Nous sommes en train de percevoir de dérives(...) La volonté d'une personne, celle qui est au sommet de l'Etat passe avant la constitution et les lois de la République. Nous constatons qu'il y a une stratégie qui à termes va annihiler le régime politique que nous avons dans notre pays, la constitution et les lois de la République. Nous avons fait une coalition sur base de certains principes. D'abord et avant tout pour faire avancer la République, pas pour marquer un recul. Nous constatons qu'il y a des abus assez importants... »
 
Quand l'UDPS dont le leader est le président Tshisekedi, a porté sa voix en guise de réplique à travers une interview nous accordée ce vendredi par le président de sa Ligue des jeunes, monsieur Dioko. « C'est du délire non systématisé. Quand une personne commence à dire des choses qui ne rencontrent pas la réalité nous comprenons qu'il y a un problème pathologique très profond. C'est du délire non systématisé, parce que vous savez il y a trois ans on ne pouvait pas faire des marches sans pour autant avoir des morts et des arrestations, amener des gens à l'ANR (Agence nationale des renseignements, ndlr). Ces sont des choses qu'on ne voit pas depuis un bon bout de temps depuis l'avènement de Félix-Antoine Tshisekedi comme chef de l'État. Vous avez des membres de l'opposition qui ont organisé des marches sans contraintes. Vous avec vu des partenaires de la coalition au pouvoir FCC-CACH, faire des manifestations populaires sans pour autant qu'il y ait des arrestations. Vous comprenez même que quand une personne passe à la télévison aujourd'hui dénigrer le chef de l'État, tenir des propos qui ne sont pas justes et cette personne là rentre chez lui tranquillement, et dire qu'il y a recul démocratique vraiment c'est du délire. Ce qui ne pouvait pas se faire il y a trois ans mais avec Félix-Antoine Tshisekedi les gens se sentent libre. »
 
Assène-t-il, « malheureusement, nous avons constaté que beaucoup de politiciens font la confusion entre la liberté d'expression et le libertinage d'expression, parce que la personne du chef de l'État est sacrée. On ne peut tenir des propos déplacés à son égard. »
 
Pour conclure, « c'est plutôt le contraire, nous sommes en train de vivre des avancées significatives sur le plan de la démocratie et de liberté d'expression. »
 
Visiblement, la tension semble loin de baisser entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir en RD Congo. Une sorte de crise chronique dont les répercussions peuvent donner un sérieux coup à la situation socio-économique de ce vaste pays d'Afrique centrale aux populations pauvres, déjà fragilisée par la dépréciation de la devise nationale face au dollar américain.
 
Tony-Antoine Dibendila
 

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