De morts en série, qu'est-ce qui se passe dans l'entourage du président Tshisekedi

De morts en série, qu'est-ce qui se passe dans l'entourage du président Tshisekedi

On en croirait planer l'ombre de la mort sur les voisinages du président congolais...

Depuis sa prise du pouvoir en janvier 2019, l'opinion fait recours aux orteils, les doigts insuffisants pour dénombrer les décès, mystérieux.

Mardi 26 mai, triste aux pas mous, Félix Tshisekedi s'est incliné devant la dépouille mortuaire de son directeur adjoint de la communication Charles Kilosho, décédé trois jours plus tôt à Kinshasa de suite de Coronavirus. Seulement, l'opinion murmure. En dessous du thread des hommages de la Présidence sur Twitter, les followers vont dans tous les sens. En vrai, ils s'inquiètent. 

« Le président doit absolument réfléchir autour de tous ces morts qui se suivent à la Présidence. Ma question est celle de savoir si tous ces gens sont réellement la cible ou il y a une personne plus grande qu'elles même, qui soit visée ? Attention réfléchissons-y », dit l'un, quand l'autre aux sensibilités religieuses, reprend : « Courage mon président, si tous ces décès sont d'une cause naturelle, gloire à Dieu, car lui seul est maître de temps et circonstances. Si par contre, toutes ces personnes qui tombent l'une après l'autre sont victimes d'un complot, Dieu les justifiera. »
 
Complot, le mot est lâché. Y en aurait-il un qui viserait le sommet ?
 
Monique Kitoko, proche du président Tshisekedi, secrétaire nationale adjointe en charge de la communication et médias de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), est décédée mercredi 05 juin 2019 à l’âge de 47 ans, suite à une crise cardiaque. Quelques mois après, le vrai compteur de funérailles s'ouvre.
 
Jeudi 10 octobre 2019, l'aéronef utilisé par les Forces armées de la République démocratique du Congo qui assurait la logistique du président en tournée à l'est du pays, disparaît dans les radars. A son bord, trois membres de la garde rapprochée de Tshisekedi et un de ses chauffeurs. Les débris de l'Antonov 72 seront retrouvés plus tard dans le Sankuru, une province au centre du pays. Les corps de ces quatre homme de la présidence retrouvés, et la boîte noire aussi - les données de l'enregistreur n'ont jamais été publiées.
 
Deux mois et quelques jours plus tard, le 27 décembre, parti en mission officielle au Kenya, le conseiller spécial chargé des affaires privées du président Gilbert Mundela fait une crise cardiaque et meurt à Nairobi. Fidèle des fidèles au chef de l’État et un des acteurs principaux de l’Accord créateur de la coalition Cap pour le changement (CACH), revient au pays dans un cercueil. Quand, trois mois plus tard, décède le député UDPS Jean-Joseph Mukendi, mardi 24 mars 2020 de suite de COVID-19. Ancien bâtonnier, ancien vice-président de l’l’Union internationale des avocats, ancien avocat à la Cour suprême de justice, ancien conseiller politique d’Etienne Tshisekedi et ténor du collectif d'avocats qui ont défendu la victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle devant la Cour constitutionnelle face aux avocats du candidat malheureux Martin Fayulu. 
 
L'entourage du président n'a attendu que trois jours pour être de nouveau attristé. Jacques Ilunga, chargé de mission, s'éteint le 27 mars, officiellement du nouveau Coronavirus, une fois de plus. L'opinion commence à redouter un acheminement bizarre de ces événements funèbres.
 
Vidiye Tshimanga conseiller spécial en charge de la stratégie guéri de COVID-19, estomaqué de la disparition de ce dernier, accuse le personnel de santé de négligence dans la prise en charge de son collègue Ilunga : « Pendant sa semaine de souffrance, il a été ballotté de l’hôpital ​HJ ​à celui du Cinquantenaire, puis à Ngaliema. C’est le jeudi soir qu’il sera transféré dans un véhicule sans respirateur au CMK », relate-t-il dans un de ces récits publiés sur ses comptes réseaux sociaux. Un témoignage qui écarte le mystère. Momentanément.
 
Les brouhahas s'entendent de nouveau lorsque Gérard Mulumba Kalemba, oncle et chef de la maison civile du président est annoncé mort au Coronavirus moins d'un mois après, le 15 avril. Puis, 24 jours plus tard son directeur de cabinet Jonas Shamuanga Mabenga est éteint « de suite d’une courte maladie ». Sa mort alimente et renforce la thèse de l'empoisonnement. Et surtout la nouvelle du décès de Charles Kilosho, directeur Adjoint de la communication présidentielle, de suite toujours officiellement de COVID-19.
 
Toutes ces victimes ont un point commun, le président de la République. À la Présidence, deux forces politiques se côtoient. Seules les personnes ayant de liens politiques étroits avec l'UDPS ou familiaux avec le président, paraissent fragiles au Coronavirus ou aux attaques cardiaques. Leurs collègues venus de l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, poursuivi depuis plus d'un mois par la justice congolaise pour détournement de deniers publics et mis en détention provisoire, semblent bien s'en sortir. Du hasard ?
 
Le philosophe et théologien iranien Ostad Elahi, mort en 1974, a toujours assuré que « le hasard n'existe pas, tout a une cause et une raison [...] »
 
Tony-Antoine Dibendila
 
 
 
 

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