RDC : Triomphe de la démocratie parlementaire sur l'émotion, dans la déchéance de Jean-Marc Kabund [Tribune de Michel Kalala wa Mukendi Lubilanji]

C'est tard dans la nuit de lundi 25 Mai 2020 que le verdict est tombé. Jean Marc Kabund a été déchu de ses fonctions de premier vice-président de l'Assemblée nationale.

Sur les 315 suffrages exprimés, 9 députés on voté  abstention, 17 contre et 289 ont voté pour la pétition. Par conséquent, Jean-Marc Kabund est déchu de ses fonctions de premier vice-président de l'Assemblée nationale. C'était à la suite d'une plénière électrique au cours de laquelle les députés nationaux de l'UDPS ont offert un spectacle désolant au peuple congolais crachant même sur le combat et la mémoire de Feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba d'heureuse mémoire.

Ils ont empêché sciemment et avec préméditation le député délégué par le pétitionnaire de lire la pétition de d'échéance du député national MLC, jean :Jacques Mamba gardé à vue par le Parquet général près la Cour de cassation de Kinshasa, au motif de faux et usage de faux dans la collecte des signatures depuis vendredi 23 Mai. Ce qui a provoqué un tollé général au pays et dans le firmament parlementaire. Cela étant, les élus ont décidé d'en finir avec Jean-Marc Kabund pour avoir jeté l'opprobre sur l'Assemblée nationale en évoquant sur une radio locale il y a plus d'un mois le budget de 7 millions de dollars que devait coûter le congrès pour statuer sur l'État d'urgence.  Mensonge que l'Assemblée nationale n'a pas digéré  face à cette ignominie. C'est ce qui a motivé la pétition de l'élu de Lukunga pour sa déchéance après maints refus de répondre à ses correspondances sur la question.
 
Jean-Jacques Mamba lui même a été agressé à sa propre résidence par les combattants de l'UDPS. Le même sort a été réservé dans le couloir du bureau de Jean-Marc Kabund à son assistant parlementaire qui allait déposer une correspondance dans le même sens. Face à ces antivaleurs, à ce mépris des règles élémentaires de courtoisie parlementaire, et plus grave encore la violation des immunités du député Jean-Jacques Mamba, l'Assemblée nationale dans sa majorité y compris les élus non FCC, a décidé d'aller jusqu'au bout en obtenant lundi 25 Mai la déchéance de Jean-Marc Kabund.
 
Sur 346 députés nationaux présents, ceux du CACH minoritaires ayant quitté la salle, 289 élus ont voté pour la déchéance de Kabund du poste de  premier vice-président de l'Assemblée nationale. Il sied de rappeler que le Président de la République, Félix Tshisekedi avait reçu dans la matinée la Présidente de l'Assemblée nationale sur cette question. Bien que rien n'ait filtré, les sources de la haute ville révèlent sous couvert de l'anonymat que l'Autorité morale de l'UDPS aurait lâché son pillion face à la désapprobation totale de son agir politique par ses pairs. Il convient de tirer comme leçon de ce qui vient de se passer à l'Assemblée nationale que bien que Joseph Kabila n'ait pas donné un mot d'ordre de vote, le FCC demeure une force politique à ne pas sous estimer en RDC étant donné le contrôle qu'il a sur le Parlement national et les Assemblées provinciales.
 
Et donc, toute tentative de se passer de Joseph Kabila et de sa majorité pourrait s'avérait suicidaire selon des analystes de la scène politique congolaise. Car, le FCC vient de démonter sa supériorité numérique et stratégique dans un exercice démocratique même si la pétition était l'œuvre du député MLC qui ne fait pas partie du FCC,  mais qui a bénéficié du soutien massif de ses pairs étant donné la gravité des faits mis à charge de Jean-Marc Kabund qui devra, outre son rejet par une grande frange des cadres de l'UDPS, se contenter de son statut de député national. Encore faudra-t-il savoir s'il va siéger avec ce statut de simple député. Déjà sur la toile, certains noms sont évoqués pour sa succession. Rémy Massamba, Munongo, Henriette Wamu, Paul Tshilumbu... Vai ou faux ? L'avenir nous le dira.
 
Tout bien considéré, les congolais auront beaucoup appris de cette sanction pédagogique avec regret quant à l'image négative de la République renvoyée vers l'extérieur par le comportement des élus d'un parti qui avait promis la démocratie et l'État de droit, à en croire un observateur indépendant. 
 
Michel Kalala wa Mukendi Lubilanji
 
 
 

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