Procès Vital Kamerhe : La stratégie de la défense

Procès Vital Kamerhe : La stratégie de la défense

Mardi 12 mai 2020 : Le programme de 100 jours ? Je n'en suis pas l'inspirateur. Alors superviseur ? Oui. Mais pas que moi. Les experts ès herméneutique l'auront sans doute tous noté. Au premier jour de son procès, Vital Kamerhe a voulu, d'entrée de jeu, faire passer le message selon lequel qu'il n'est qu'une pièce du dispositif estampillé "Programme d'urgence de 100 jours du chef de l'Etat".

Il n'en est ni l'initiateur ni l'unique metteur en œuvre. Il ne saurait donc être l'alpha et l'oméga de ce premier chantier du quinquennat FATSHI qui, telle une révolution, est en passe de bouffer ses propres enfants.

 
Sans préjuger de la suite de ce procès, le toujours directeur de cabinet du chef de l'Etat donne à penser qu'il va axer sa défense sur la notion de paternité et de responsabilité collective. Paternité ? Ça tombe sous le sens. Rien que dans l'intitulé, il est écrit expressis verbis qu'il s'agit bien du programme du Président de la république. Ce n'est donc pas un chantier désincarné. Ça l'est d'autant moins qu'au moment des faits la RDC était sans Assemblée nationale installée et sans gouvernement de plein exercice. Celui qui était là en était réduit à expédier les affaires courantes. Moralité, l'unique épicentre du pouvoir était la Présidence de la République.
 
Lorsqu'il cite d'autres superviseurs et nommément le " coordonnateur ", "VK" met l'emphase sur la responsabilité collective. En d'autres termes, il suggère cette question : "pourquoi seulement moi ?" Une interrogation qui pourrait avoir une résonnance de "victimisation" ou de "justice" à la carte ou encore à la tête du client. Le "on m'en veut parce que…. " n'est guère loin. Façon "habile" de placer le curseur sur la …politique.
 
En rappelant les "fondamentaux" du programme des 100 jours, le leader de l'UNC donne l'impression de vouloir tordre le cou au statut aujourd'hui fort peu enviable d'homme- orchestre des travaux d'Hercule du successeur de Joseph Kabila. L'anonymat qui est inhérent à la responsabilité collective pourrait être sollicité pour boucler cette ligne de défense.
 
Présomption de stratégie payante ? Il est prématuré de trancher. Dans ce genre de procès, chaque partie a plus d'un tour dans les manches de… sa toge. Anodine la question posée au prévenu Kamerhe s'il connaissait tel ou tel autre coprévenu ? Un habitué des prétoires nous souffle que le diable est dans les détails et que le venin est souvent dans la queue. In cauda venenum, disent les latinistes.Trêve de supputation.
 
José Nawej/LPP

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