Affaire Thambwe Mwamba - Goya Kitenge : le rapporteur du Sénat plaide pour une référence au « règlement intérieur pour gérer l’incident »

Affaire Thambwe Mwamba - Goya Kitenge : le rapporteur du Sénat plaide pour une référence au « règlement intérieur pour gérer l’incident »

 

Le professeur Kaumba Lufunda, rapporteur à la chambre haute du Parlement, a tenu vider le contentieux autour du malentendu entre le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba et la sénatrice Bijoux Goya Kitenge, à travers une adresse à la presse ce lundi à Kinshasa. Dans son allocution intitulée « Il ne faut pas politiser l'anatomie », l'élu revient sur les éléments déclencheurs de l'incident et les différentes leçons à tirer dont le rejet d'évocation de « la sexualité » dans de débats démocratiques et le recours réguliers aux « mécanismes de gestion prévus par le règlement intérieur du Sénat » pour gérer les incidents.

 Tout commence le 28 avril, rappelle-t-il, lorsque la sénatrice adresse un courrier au président du Sénat pour demander des éclaircissements dans la passation de marché pour la réhabilitation de l'hémicycle. Sauf que 24 heures après, ledit courrier se retrouve dans les réseaux sociaux et entraîne des messages désobligeants à l'encontre du président du Sénat, sa gestion du marché de réhabilitation mais également de reconsidérations de sa vie privée. Surtout qu'une enquête ouverte a vite démontrer que le document mis en ligne était celui de la sénatrice Goya. Thambwe Mwamba « était donc choqué d’encaisser des attaques touchant à son honneur », dit le rapporteur.
 
« Considérant que le courrier portant sur un contrôle normal de gestion, se déclinait maintenant à travers les réseaux sociaux comme un lynchage à caractère éthique et personnel, le président s’est alors résolu à répondre sur les deux volets, au cours de la première séance plénière organisée immédiatement après la réception du courrier. Ce fut donc le jeudi 30 avril 2020. La réponse du président du Sénat s’est articulée autour de deux axes, le premier à caractère moral, pour rencontrer les allégations d’ordre moral et personnel, le second, à caractère technique pour rappeler la
régularité et la conformité de la procédure de passation de marché », détaille le professeur Kaumba.
 
De poursuivre, « si la réponse technique pourrait être considérée comme ayant été partiellement vidée, dans la mesure où le président du Sénat a mis l’ensemble du dossier de passation de marché à la disposition de tout sénateur intéressé, après avoir décrit les conditions et les contraintes de temps de réalisation des travaux pendant les vacances parlementaires, c’est l’évocation des sollicitations jadis adressées par l’honorable Goya au président du Sénat, alors candidat au bureau, qui a suscité un clash émotionnel et entrainé des remous dans l’hémicycle. »
 
Dans la carrière politique de Thambwe Mwamba, explique-t-il, il avait déjà eu à fustiger mêmes des hommes, au sujet de leurs incivilités. « Cet incident nous offre donc l’occasion de ne pas toujours ramener les questions de moralité politique à des interprétations relevant du champ de la sexualité. »
 
Pour conclure, « l'on entend, l’on lit et l’on voit des groupes et des cartels se mobiliser pour fustiger l’incident survenu au sein de l’hémicycle, en stigmatisant les effets de la colère non retenue. En fait, nous devrons désormais prendre davantage conscience des effets dévastateurs d’une utilisation abusive des réseaux sociaux. Les propos tenus dans les réseaux sociaux sont des propos publics, dont la bassesse éventuelle mérite aussi d’être relevée et fustigée. Et le lieu indiqué et approprié pour les gérer et les traiter, c’est le Sénat même, dans la configuration circonscrite par son règlement intérieur. »
 
Jeudi dernier, l'opinion congolaise était surprise de voir dans les réseaux sociaux, une vidéo de quelques secondes où le président de la chambre haute, en pleine pleinière, s'en prendre à sa collègue sénatrice, évoquant sa demande de soutien pour obtenir le poste de questeur mais également ce qui pourrait apparaître comme des invitations à « l'intimité » que lui aurait proposé cette dernière lors de la campagne électorale. Cette dernière, emportée au cours de ladite séance, a lâché des « mots-répliques. » Le rapporteur du bureau du Sénat veut ici rappeler au recours entre autres au règlement intérieur pour gérer l'incident, surtout que plusieurs associations féministes ont porté mot à propos de l'affaire.
 
TAD
 

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