La position du FCC sur la composition de la CENI

La position du FCC sur la composition de la CENI

FIDÈLE LIKINDA : « TANT QU'IL N'Y AURA PAS CONSENSUS, NOUS N'ENVERRONS AUCUN DÉLÉGUÉ »

L'opinion congolaise reste focus sur la désignation des nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les forces politiques en présence ne s'accordent. Pour Fidèle Likinda, député national et cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila, le consensus dans la désignation des membres demeure l'unique voie à suivre, mais aussi le prochain président de la CENI doit être une église au milieu du village. Il était face à la presse le weekend.

« Je crois que la CENI est une institution d'appui à la démocratie. Cette institution d'appui a besoin des membres pour fonctionner. En outre, ce n'est pas pour rien qu'elle est appelée "Commission électorale nationale indépendante". Donc aujourd'hui la position de ma famille politique, le PPRD en particulier et le FCC en général, est que nous n'enverrons pas nos délégués. Constituer la commission paritaire. Est-ce qu'on peut constituer une commission paritaire aussi longtemps qu'il y a des problèmes au niveau des composantes ? », questionne-t-il.

De poursuivre, « vous avez suivi. A la composante Société civile, il y a un problème. De même pour la composante Majorité - qui n'est pas représentée que par l'UDPS qui ne compte d'ailleurs que 32 députés. Dans la composante Opposition que nous le FCC partageons avec nos frères de Lamuka il y a un problème. A ce niveau, comment allons-nous constituer une commission paritaire ? Pour faire quel travail ? C'est un no sens. Au niveau de notre famille politique nous disons, la CENI aura 15 membres et nous, minoritaires, on aura droit à 4 postes. Par conséquent le prochain président de la CENI doit être une église au milieu du village, l'arbitre. »

Pour conclure, « vous avez suivi le processus de désignation du prochain président de la CENI. Vous avez lu le communiqué signé par les 8 confessions religieuses le 23 juillet dernier, le point 4 parle d'abus de pouvoir, de pression, de corruption. Vous avez aussi suivi le rapport de non consensus signé par les 8 confessions religieuses le 30 juillet. Il y avait ni consensus, ni vote mais on nous informe tard dans la soirée qu'il y a eu dépôt des PV. En ce qui nous concerne nous disons, tant qu'il n'y aura pas consensus dans la désignation de tous les membres de la CENI, nous n'enverrons nos délégués ni à la CENI, ni à cette commission paritaire. »

Au regard de son argumentaire, Fidèle Likinda veut alerter l'opinion sur la situation sociopolitique actuelle en RDC, marquée par une crise « expressément » attisée par le régime en place, qui selon lui a visiblement peur d'affronter les joutes électorales prochaines de 2023 au regard de son bilan mitigé.

Il veut dénoncer cette attitude belliqueuse marquée par des menaces, intimidations et des actes de corruption à l'endroit des confessions religieuses en vue de leur imposer le choix des animateurs de la CENI. L'objectif étant de bloquer le processus électoral en cours.

Fidèle Likinda insiste sur la désignation consensuelle des membres de la CENI qui mèneront les congolais aux élections inclusives, libres, transparentes, démocratiques, apaisées et ce, dans le délai constitutionnel, à travers une CENI véritablement indépendante, consensuelle et crédible. Appelant ainsi le peuple congolais à la vigilance afin de barrer la route à toute dérive dictatoriale.

Tony-Antoine Dibendila


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