Les élus provinciaux répondent Kabund qui porte « un regard noir » sur la gestion de Kinshasa

Les élus provinciaux répondent Kabund qui porte « un regard noir » sur la gestion de Kinshasa

C'est une réponse mesurée, bien que musclée des élus de la province de Kinshasa, jeudi dernier. Selon la déclaration lue par le rapporteur de l'Assemblée provinciale de la capitale congolaise aux côtés de ses collègues, « en réaction aux allégations de quelques députés nationaux élus de Kinshasa » menés par le premier vice-président de l'Assemblée nationale Jean-Marc Kabund, la lecture de la gestion de la ville faite par ces derniers « ne cadre pas avec la réalité. »

Tout est parti d'une allocution de Kabund au nom du "caucus" des élus nationaux de Kinshasa, au cours de laquelle il évoque « la non gouvernance de la ville de Kinshasa » aux côtés des autres maux qu'il estime rogner la capitale de la RD Congo.

Puis, vient la réplique des élus provinciaux : « Dès notre arrivée en fonction, la ville de Kinshasa était envahie par les montagnes d'immondices. Aujourd'hui, toute personne sérieuse constate que ces montagnes de déchets ont disparues dans la ville de Kinshasa qui est éclairée, à ce jour, que certaines villes », assurent dans la déclaration les élus provinciaux, qui poursuivent.

« Lorsqu'on parle des immondices qui jonchent la ville de l'aéroport au centre-ville, ces allégations ne reflètent pas la réalité, car à part le district de Tshangu qui a encore quelques problèmes, de la place des Eucalyptus (N'djili) au centre-ville, toute la population constatera avec nous que ce tronçon est balayé chaque jour comme toutes les autres artères de notre ville ». Tout en rappelant qu'avec 10.000 tonnes de déchets produits quotidiennement, la ville de Kinshasa a besoin de 15 millions d'euros par mois pour sa salubrité. Budget qui n'a jamais été accordé par le gouvernement central « apparemment à cause de la pandémie de Covid-19. »

Et de prendre l'aspect sécuritaire dans cette déclaration qui revient sur toutes les questions soulevées. « Nous rappelons que la problématique de la sécurité dans la ville de Kinshasa relève de la police nationale congolaise qui relève du gouvernement central. L'Assemblée provinciale de Kinshasa a il y a peu voté une motion de défiance contre le ministre provincial de l'Intérieur par souci de sécuriser les kinoises et kinois. »

Lorsqu'ils rebondissent, quant aux constructions anarchiques, « d'après le droit congolais de l'urbanisme ce sont des ministres nationaux qui attribuent des arrêtés d'occupations des terres dans la ville de Kinshasa » ; pour demander à leurs collègues élus nationaux d'interpeller « les autorités nationales qui gèrent la police de roulage » en ce qui concerne la circulation routière.

Pour conclure, « tout en reconnaissant la liberté d'expression des élus nationaux, nous demandons à la population kinoise d'apprécier les efforts fournis par l'Assemblée provinciale de Kinshasa et son exécutif dans l'assainissement et l'éclairage de la ville, sans oublier les nouvelles routes en construction malgré les moyens insuffisants. L'Assemblée provinciale de Kinshasa s'engage à soutenir sans réserve les actions du chef de l'État et rappelle aux élus nationaux que la loi sur la décentralisation reconnaît aux provinces l'autonomie de gestion ». Ils demandent par conséquent aux élus nationaux de se concentrer sur les questions d'intérêt national.

Tony-Antoine Dibendila


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