Depuis Nord-Kivu, Fabrice Puela s'indigne des conditions carcérales

Depuis Nord-Kivu, Fabrice Puela s'indigne des conditions carcérales

C'est en début de la semaine en cours que le ministre congolais des Droits humains Albert-Fabrice Puela séjourne à l'Est du pays, dans la ville de Goma. Il y est pour près de deux semaines, principalement pour organiser des ateliers de renforcement des capacités à l'intention de militaires, policiers, agents de sécurité, autorités traditionnelles et de membres de la société civile.

Les droits de l'homme et le droit international humanitaire en période d'état de siège et l'inspection des conditions carcérales des prisonniers de Goma, Bunia et Bukavu sont au cœur de son itinérance. Depuis, ce membre du gouvernement Sama Lukonde et sa délégation ont visité le gouvernorat, tenant un bref échange avec le colonel auditeur supérieur de l'armée, mais aussi la prison centrale de Munzenze de Goma.

« C'est à la demande du chef de l'Etat et du gouvernement décidant en conseil de ministres, que nous avons effectué le déplacement pour la partie Est du pays. Parce que l'un des grands soucis lorsqu'il y a état de siège, c'est de penser que c'est une occasion pour violer les droits humains (...) Et nous sommes venus, puis nous nous sommes rendus compte qu'il y a un effort fourni par les autorités judiciares, des autorités de l'armée pour préserver tant soit peu les droits de l'homme. Mais ils sont des humains. La perfection n'est pas de ce monde. Il y a donc des efforts à fournir en ce qui concerne la prise en charge des pensionnaires de prisons, puisque comme la constitution le dit, l'administration pénitentiaire relève du pouvoir central et du pouvoir provincial, concurremment », s'est fendu le ministre face à la presse, après la visite de la prison de Goma.

De poursuivre, « nous avons posé de questions, on a appris qu'au niveau de la province on a pratiquement oublié nos compatriotes. Une prison prévue pour 300 personnes on comptabilise plus de 2400. Voyez-vous, c'est énorme. Au moment où il y a la pandémie à Covid-19, il faut les efforts pour désengorger. Mais on ne va pas désengorger les prisons pour le plaisir de le faire. Il faut une moralisation pour nos compatriotes pour qu'ils comprennent qu'être prisonnier n'est pas la fin du monde... nous avons vu que les conditions d'incarcération sont mauvaises et c'est notre responsabilité nous gouvernement à améliorer les choses. »

Pour conclure, « C'est le rapport que nous allons faire pour qu'on revoit la dotation qu'on envoie trimestriellement à nos prisons. Lorsqu'on voit la petite enveloppe qui est envoyée pour trois mois, je pense que cela doit être revue à la hausse. »

Prévue au départ pour 150 personnes, cette prison héberge 2455 pensionnaires dont 912 condamnés définitivement à ce jour. Elle a vu sa capacité d'accueil s'élargir à 300 pensionnaires après la construction de deux bâtiments en 2006 et 2012.

Tony-Antoine Dibendila


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