Le président Tshisekedi table sur « la justice transitionnelle » pour répondre aux « crimes graves » commis en RDC

Le président Tshisekedi table sur « la justice transitionnelle » pour répondre aux « crimes graves » commis en RDC

L'executif congolais s'était réuni vendredi lors du 43ème conseil des ministres. Comme à l'accoutumée, le président congolais a adressé sa communication aux membres du gouvernement. Il est revenu sur les crimes graves et les abus des droits de l'homme commis dans le pays, et la possibilité de réparation à travers une justice transitionnelle. Constatant que sur la question, soumise  depuis à deux commissions interministérielles, il n'y a guère évolution.

Le compte rendu de la réunion détaille. Le président a evoqué la question de l'opportunité de la justice transitionnelle en faveur des victimes des crimes graves commis en RDC pour remédier au lourd héritage des abus des droits humains dans les sociétés qui sortent de conflits armés. « Le mécanisme de justice transitionnelle s’offre comme un des outils à même de contribuer à lutter contre l’impunité des crimes graves, à faciliter la reconnaissance et l’indemnisation des victimes. »
 
Qui poursuit, « l’importance de ce mécanisme est telle qu’en mars 2010, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies avait publié une "Note d’orientation sur l’approche des Nations Unies en matière de justice transitionnelle". Son principe 9 appelle l’Organisation à "faire en sorte que les processus et mécanismes de la justice transitionnelle prennent en compte les causes profondes des conflits et les régimes de répression, et qu’ils abordent les violations de tous les droits, y compris des droits économiques, sociaux et culturels". La Note d’orientation précisait en outre que cette approche était nécessaire si l’on voulait que la paix l’emporte. C’est dire que la justice transitionnelle facilite les chances de la société de revenir à un fonctionnement pacifié dans les zones à conflit et, à terme, de favoriser la réconciliation, en réparant les injustices du passé par des mesures visant à rendre possible un avenir équitable. »
 
Et d'évoquer la lenteur que constate le président dans le traitement de ce dossier.
 
« A ce jour, le président de la République constate que le dossier relatif à cette mesure de justice transitionnelle qui a été soumis pour analyse aux deux commissions interministérielles permanentes du gouvernement (celle en charge des lois et règlements, et celle de politique, sécurité et défense), n’a guère évolué. C’est ainsi qu’il demande aux présidents desdites commissions de soumettre dans le meilleur délai au conseil des ministres ledit dossier pour examen et adoption éventuelle. »
 
Fin 2019 à New York, le président congolais s'était entretenu avec le prix Nobel Denis Mukwege entre autres sur la possibilité de rendre justice aux  victimes des violences sexuelles. Et dans différents médias, Félix Tshisekedi a émis son souhait de mettre sur pied un Tribunal spécial sur le Congo, devant traiter les questions des crimes graves et des abus commis dans le pays.
 
Tony-Antoine Dibendila

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