RD Congo : Ne tombons pas dans « cette provocation qui consisterait à dire que l’Assemblée nationale est la cause des crises », Jeanine Mabunda opte pour l'apaisement

RD Congo : Ne tombons pas dans « cette provocation qui consisterait à dire que l’Assemblée nationale est la cause des crises », Jeanine Mabunda opte pour l'apaisement

Jeanine Mabunda présidente de la chambre basse a joué la carte de l'apaisement ce vendredi. Alors que les députés attendaient l'élection du premier vice-président et que le climat était fort tendu à la suite du déploiement de la police pour empêcher l'entrée des députés sur demande du conseil d'État, dans la matinée, Jeanine Mabunda après avoir été reçue par le président Tshisekedi, a reporté l'élection à une date ultérieure. Elle rejette toute confrontation entre institutions, et ne veut faire de la chambre basse une raison de crises institutionnelles.

« On m’a reçu ce matin. On m’a donné des conseils par rapport à la tenue de la plénière d’aujourd’hui. Dans ce conseil, j’ai cru comprendre qu’il n’y avait pas encore une clarté au niveau d’une certaine structure politique quant à l’option définitive à lever entre deux individus, un homme et une femme, d’une structure politique donnée... Nous avons eu des échanges sincères sur les rôles de différentes institutions par rapport au travail de l’assemblée nationale. L’autorité en question nous a prodigué des conseil pour éviter qu’il n’ait comme un sentiment d’affrontement entre les institutions de la justice et l’Assemblée nationale. Pendant que ce conseil était prodigué, j’ai appris que pour matérialiser cette vision des choses (…), j’ai vu un dispositif à l’extérieur de l’Assemblée nationale qui, de facto, empêchait aux députés de se réunir aujourd’hui », surfant sur la conversation avec le président congolais.
 
De poursuivre, « si les forces de sécurité encerclent le bâtiment de l’Assemblée nationale qui est inviolable, il est irresponsable de demander aux députés de se prononcer aujourd’hui sur l’élection de la vice-présidence de l’Assemblée nationale (…) Matériellement, le dispositif qui est mis en place, indépendamment de notre volonté, ne nous permet pas de nous réunir aujourd’hui... Je connais votre courage. Je connais votre vigueur. Ne tombons pas dans la provocation, cette provocation qui consisterait à dire que l’Assemblée nationale est la cause des crises. Ne confondons pas un individu avec une institution. Avec le respect pour le chef de l’Etat qui nous a prodigué des conseils et compte tenu du dispositif qui nous entoure, je crois qu’il est bon d’envisager de reporter cette élection à une date ultérieure. »
 
Pour conclure, « de demander à la justice de faire son travail de façon sereine, impartiale et respectueuse des textes. Les congolais n’ont pas besoin des tiraillements entre les institutions. Ils ont besoin de voir les lois votées pour eux, il y a la question de la sécurité et de la COVID-19. »
 
En réalité, l'élection pour le poste de premier vice-président de l'Assemblée nationale devait se dérouler ce vendredi comme prévu par le calendrier. Seulement, le déchu Jean-Marc Kabund cadre du parti présidentiel UDPS, avait plus tôt saisi le conseil d'État pour « irrégularité » de la procédure de sa déchéance. Obtenant gain de cause, cette institution a saisi la police pour faire appliquer la surséance du processus électoral en attendant la décision de la Cour constitutionnelle. Les députés nationaux, venus pour la séance plénière, ont dû patienter à l'extérieur de l'hémicycle avant d'accéder et apprendre le report de l'élection.
 
TAD

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