RD Congo : Le récit intégral de la cinquième et dernière audience du procès 100 jours

RD Congo : Le récit intégral de la cinquième et dernière audience du procès 100 jours

Le ministère public que le procureur représente demande ce vendredi, la cinquième audience, 20 ans de « travaux forcé » et « dix ans de déchéance de droits d'exercer une fonction publique » contre Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Tshisekedi, poursuivi pour détournement de dizaines de millions de dollars avec des autres co-accusés. Une plaidoirie qui s'est étendue à plus de dix heures d'échanges. Le ministère public a requis notamment le remboursement de 47 millions de dollars et le paiement de 100 millions USD de dommages et intérêts à l'État.

La partie civile donc les avocats de la République, qui ont été premiers à prendre parole, ont présenté plusieurs éléments accablants les prévenus Vital Kamerhe, l'octogénaire homme d'affaires libanais Sammih Jamal et le fonctionnaire de la Présidence en charge d'import et export Jeannot Muhima Ndole.
 
« Nous sommes dans un processus de toile d'araignée... au centre de tout il y a Vital kamerhe. ils accèdent au pouvoir en janvier 2019, ensuite il paralyse le gouvernement par un communiqué. A côté de kamerhe il y a sa famille biologique et politique. Dans sa famille biologique il y a un certain Massaro qui connait les enfants de Jammal », dit maître Dieudonné Kaluba Dibwa de la partie civile, avant d'ajouter autres détails qui à ces yeux incriminent les accusés.
 
« Nous voyons de mouvements suspects de grosses sommes d'argent dans différents comptes bancaires juste lors du premier paiement du programme des 100 jours, entre avril et mai 2019... Un agent de la Sonas (Daniel Massaro, cousin de Kamerhe et ex-fonctionnaire à la société publique Sonas, ndlr) se trouve à acheter un immeuble à 1 million, une maison à 600 mille dollars... s'agissant de son épouse, comment les 800 mille dollars, 30 milles euros et les 11 millions de francs CFA, obtenus comme cadeau de mariage selon elle, en février, ne sont déposés dans les comptes bancaires qu'en avril... »
 
La partie civile est longuement revenue aux biens qu'auraient acquis la famille du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi en 2019, sans explication claire : « Aux côtés d'une concession à 1 million de dollars, et une autre à 600000 dollars de Daniel NKingi Shangalume alias président Massaro, Kamerhe a acquis une maison, Hamida Shatur son épouse une, Dahida Mpiana sa belle fille une maison, Marie-Josee Mengi la collaboratrice d'Hamida une vaste concession. Le couple Kamerhe a acquis également un hôtel de trois étages à deux pas de champs Elysées à Paris, a un compte à 2 millions d'euros aux côtés de 800000 autres dollars, 30000 euros et 11 millions de francs CFA dans des comptes de son épouse... »
 
S'en prenant à la société Samibo de Sammih Jamal qu’elle considère comme une société-mallette, du fait qu'elle n’a pas de déclaration à la sécurité nationale ou encore la TVA, surtout qu'elle n'a nullement d’adresse physique. « Qu'est-ce que la Présidence de la République vient faire au dédouanement des marchandises d'un prestataire privé, pourquoi la Présidence vient aider financièrement un privé qui a déjà été entièrement payé ? », une question de la partie civile qui introduit Muhima dans cette affaire tentaculaire.
 
Pour leur part, le collectif d'avocats de Kamerhe se disent non convaincus, le ministère public parait pour eux incapable de prouver la participation de leur client. Ceux de Jamal estime que ce  dernier a bel et bien fait une partie de son travail et que cela continue, aux vues de quelques centaines de maisons préfabriquées déjà montées. La défense de Muhima estime que l'État doit d'ailleurs quelques frais à ce foctionnaire qui, non seulement à rempli sa mission, mais a même utilisé ses propres moyens financiers.
 
Prenant parole en dernier ressort, les trois prévenus ont clamé leur innocence. Et le directeur de cabinet a traité de « politique » le procès, après qu'il ait assuré avoir dit pluss tôt  à son épouse, « la messe est dite... »
 
Sammih Jamal et Kamerhe Lwakanyinginyi, respectivement directeur général de la société Samibo Sarl et l'agent public de l'État à l'occurenre personnel politique de la présidence de la République, sont poursuivis pour avoir « détourné la somme globale de 48.831.148 dollars américains, qui était remise à la société Samibo Sarl pour achat et érection de 1500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet de logements sociaux au profit de 5 provinces de la RDC (...) inscrit au programme d'urgence des 100 jours du président de la République. Ces faits sont prévus et punis par les articles 21 et 23 du code penal livre 1er et 145 livre 2 », avait dit le Tribunal à la première audience.
 
Pour poursuivre, « les deux prévenus ont également détourné une somme de 2.137.500 dollars américains », remise à la société Housmal Sarl pour achat et érection des maisons préfabriquées pour les policiers et militaires congolais. Enfin, Vital Kamerhe et Muhima Ndole, fonctionnaire de l'Etat, sont en outre poursuivis pour la disparition de « 1.154.800 dollars américains, somme remise à ce dernier pour le dédouanement de containers portant les matériaux de maisons préfabriquées. » Le jugement est prévu pour le 20 juin prochain.
 
La rédaction
 
 
 
 

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