RD Congo : Des témoignages en défaveur de Vital Kamerhe

RD Congo : Des témoignages en défaveur de Vital Kamerhe

La RD Congo a connu ce mercredi 03 juin, la troisième audience du procès Kamerhe, directeur de cabinet du président congolais détenu à la Prison centrale. L'audience de l’affaire qui oppose l'État congolais et le directeur de cabinet du président congolais, aux côtés du libanais Jamal et du responsable d'import-export à la présidence Jeannot Luhima Ndole, présentés comme ses complices, a eu lieu, toujours en direct à la télévison d'État tel que voulu par les supporters du principal prévenu. Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a siégé, en chambre foraine, à la Prison centrale de Makala.

L'audience est revenue sur les procès verbaux lus par la greffière du Tribunal, avant de prendre quelques questions a l'intention des prévenus et de faire appel aux témoins. Le ministre du développement rural honoraire Justin Bitakwira, le secrétaire général de ce ministère et le directeur général de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP) Ngongo Salumu.  
 
D'abord, le prévenu Luhima que le Tribunal a demandé de confirmer sa propre déposition selon laquelle le ministre de la Formation professionnelle John Ntumba, à l'époque actif dans l'exécutif du programme des 100 jours, lui aurait suivi à Matadi et qu’il aurait participé aux différents paiements liés aux dédouanements. Luhima refuse de répondre, arguant qu’il n’est pas à la barre pour cette question. Pour sa part, Vital Kamerhe dit ne pas être obligé de connaître le contenu du contrat liant l'État congolais et la société Samibo de Jamal, estimant que c'est la responsabilité du ministère du développement rural qui est l'autorité contractuelle, bien qu'il assure l'existence du fameux contrat. Sammih Jamal plaidant instamment sur son « innocence. »
 
Quand rentre en jeu Justin Bitakwira, le personnage que le directeur de cabinet du président Tshisekedi présente comme l'homme clé de l'affaire. « Le contrat que j’ai signé était de 26,5 millions de dollars américains. Ce qui a été exécuté ne me concerne pas. La Présidence m’avait déchargé en mai 2019 pour confier le projet au ministère de l’urbanisme et habit. Je n'ai jamais été invité à la Présidence sur l'affaire des maisons préfabriquées, ni mandaté quelqu'un ». Assurant que lorsque le président Félix Tshisekedi a été « installé, Kamerhe avait paralysé notre gouvernement. On n’était devenus des spectateurs », pour conclure qu'il n'était pas au courant que 57 millions de dollars étaient payés à Samibo, appellant Kamerhe à s’assumer. Thèse confirmée par le secrétaire général de ce ministère qui affirme n'avoir jamais pris part à une réunion liée aux maisons préfabriquées.
 
Ngongo Salumu, directeur général intérimaire à la DGCMP s’est également présenté à la barre comme troisième témoin. Avant le début de son audition, il a tenu à fixer le tribunal : « J’ai été victime des menaces de mort pour témoigner en faveur d’une partie. Je tenais à le dire... »
 
Sammih Jamal et Kamerhe Lwakanyinginyi, respectivement directeur général de la société Samibo Sarl et l'agent public de l'État à l'occurenre personnel politique de la présidence de la République, sont poursuivis pour avoir « détourné la somme globale de 48.831.148 dollars américains, qui était remise à la société Samibo Sarl pour achat et érection de 1500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet de logements sociaux au profit de 5 provinces de la RDC (...) inscrit au programme d'urgence des 100 jours du président de la République. Ces faits sont prévus et punis par les articles 21 et 23 du code penal livre 1er et 145 livre 2 », avait dit le Tribunal à la première audience.
 
Pour poursuivre, « les deux prévenus ont également détourné une somme de 2.137.500 dollars américains », remise à la société Housmal Sarl pour achat et érection des maisons préfabriquées pour les policiers et militaires congolais. Enfin, Vital Kamerhe et Luhima Ndole, fonctionnaire de l'Etat, sont en outre poursuivis pour la disparition de « 1.154.800 dollars américains, somme remise à ce dernier pour le dédouanement de containers portant les matériaux de maisons préfabriquées. » Le procès se poursuit jeudi 04 juin.
 
La rédaction

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