RDC : Ne Mwanda Nsemi « avait lui-même donné procuration à ses proches pour qu’ils perçoivent les émoluments en son nom », conclusion d'une réunion sécuritaire à la Primature

RDC : Ne Mwanda Nsemi « avait lui-même donné procuration à ses proches pour qu’ils perçoivent les émoluments en son nom », conclusion d'une réunion sécuritaire à la Primature

Le premier ministre, son adjoint en charge de l’Intérieur et Affaires coutumières, le ministre des Droits humains, celui des Relations avec le Parlement, le Commissaire général de la Police nationale congolaise,

l'Adminiqtrateur général de l’Agence nationale des renseignements, et le Commissaire provincial de la police ville de Kinshasa, étaient lundi en réunion d'évaluation de l'interpellation de Zacharie Badiengila alias Ne Mwanda Nsemi, gourou du mouvement politico-mystique Bundu Dia Mayala (BDM).

Concernant sa principale revendication, le paiement de ses émoluments qu'il n'aurait pas reçus durant sa dernière incarcération à la Prison centrale de Makala dans la capitale alors qu'il était député national, le compte rendu de la réunion précise : « vérifications faites sur la principale réclamation de Zacharie Badiangela relative au paiement de ses émoluments de deux ans par l’Assemblée nationale, attestent que ce dernier avait lui-même donné procuration à certains de ses proches pour qu’ils perçoivent lesdits émoluments en son nom. »  
 
Au cours de son arrestation, ajoute le site officiel de la Primature, « il ressort aussi que la PNC (Police nationale congolaise, ndlr) a trouvé des armes dans la résidence du chef de BDM, raison pour laquelle les 203 personnes trouvées sur place, ont été identifiées et interrogées par les OPJ (Officier de police judiciaire) des parquets tant civile que militaire. Les deux parquets ont procédé à l’interrogatoire de 168 personnes gardées au niveau de l’Inspection provinciale de Kinshasa, 45 d’entre elles sont restées en garde à vue pour approfondissement de l’enquête, les 93 autres sont ramenées dans leur milieu d’origine. »
 
La rencontre est revenue également sur les rapports des officiers de la Police qui ont mené cette opération, la présentation de Ne Mwanda Nsemi devant le Procureur général qui avait émis le mandat d’amener, la synthèse des interrogatoires des adeptes du gourou interpellé et autres faits enregistrés.
 
Ne Mwanda Nsemi, cet ancien député national, a été interpellé par la police après une résistance des Makesas (ses adeptes), faisant 8 morts et une trentaine de blessés, à sa résidence kinoise. Il est accusé de troubles à l'ordre public et d'appels à la haine tribale, demandant à ses adeptes de « chasser » du Kongo Central, cette province du sud-ouest congolais, tous les non originaires. Une demande qui a tourné à un affrontement meurtrier entre ses partisans et la force de l'ordre dans cette province. Une dizaine de morts enregistrés. Il y a peu, il s'était autoproclamé président de la République fédérale du Kongo, insinuant une scission de la province susmentionnée du reste du pays, d'où il est originaire. Ce qui rentre dans sa logique de « la restauration du royaume Kongo. »
 
Arrêté, il se trouve actuellement au Centre neuro-psycho-pathologie (CNPP) à Kinshasa, pour évaluation de sa santé mentale. Certains de ses adeptes, femmes et enfants y compris, ont été renvoyés dans le Kongo Central d'où ils venaient.
 
TAD
 
 

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