Projet de loi de reddition des comptes exercice 2019

Projet de loi de reddition des comptes exercice 2019

LE DÉPUTÉ NATIONAL FIDÈLE LIKINDA S'EN PREND À LA GESTION "GASPILLEUSE" DU POUVOIR ACTUEL 

Le ministre congolais des finances Sele Yalaghuli était devant les élus nationaux, ce mercredi 11 novembre, pour expliquer de quelle manière le gouvernement a collecté et affecté l'argent du Trésor public durant l'exercice 2019. Une obligation légale qui conditionne l'examen du projet du budget 2021. L'année 2019 a toutefois vu les finances être maximisées à l'ordre de 66% des assignations. Sauf que les députés ont déploré le dépassement budgétaire par certaines institutions dont la Présidence.

Le décaissement des fonds en mode urgence en violation de la loi sur les passations de marchés publics; les graves inégalités dans les financements de projets, ceux à caractère social quasiment oubliés... Le député national Fidèle Likinda, ayant pris part à la pleinière, regrette cette boulimie qu'a fait montre la première institution du pays, soumise au principe de l'exemplarité. Ici, le complet de son adresse à la presse.
 
« La reddition des comptes est une loi de justification des comptes de l'État que le gouvernement ou la République avait géré pendant l'exercice clos. Ceci est ma troisième législature et je vous dis qu'avec mon expérience, la reddition des comptes pour 2019 est scandaleuse. Je vous explique par exemple qu'il y a un problème avec les réserves internationales, qui sont des fonds qu'on préserve au niveau de la Banque centrale pour des questions d'intérêts nationaux.
 
Étant député, je vous rappelle qu'à la fin de l'exercice 2018, au départ du président honoraire Joseph Kabila, les réserves internationales étaient d'1 milliard 800 millions, au regard des documents qui nous ont été remis. Au standard africain, les réserves doivent être capables de supporter 12 semaines d'importations.
 
Aujourd'hui, vous pouvez vérifier, nos réserves internationales qui appartiennent aux contribuables congolais ont été dilapidées. Par qui ? Je comprends pourquoi le régime actuel a voulu faire retarder la mise en place du gouvernement. Le régime a attendu 7 mois, tout en gérant les fonds de la République comme si c'était une petite boutique familiale. Le projet de 100 jours n'a pas été budgétisé. Un régime responsable aurait dû revenir chez les législateurs que nous sommes pour demander une loi rectificative pour insérer ce projet. Toutes les finances engagées dans ce projet était un détournement.
 
Si par exemple à propos de la Présidence, on vous dit qu'il y a eu un dépassement de 307%, et que vous constater que pour le crédit d'investissement en faveur des provinces la consommation est nulle, c'est-à-dire que nous sommes un pays condamné à consommer et non à investir. 
 
Aujourd'hui, il ne faut pas justifier une incapacité totale à gérer le pays par le fait de jeter l'opprobre aux autres.
 
En conclusion, nous sommes l'Autorité budgétaire et nous avons deux missions, celles de légiférer et de contrôler. Aujourd'hui nous allons demandé au bureau de l'Assemblée nationale d'initier une commission d'enquête parlementaire pour voir comment on a dilapidé les fonds du contribuable congolais qui croupit dans la misère.
 
En matière de dépassement budgétaire, aujourd'hui c'est pire qu'avant. Le peuple doit voir comment le pays est géré. Le pays est mal géré. Je ne sais pas qu'est-ce qui nous reste encore si on épuise les réserves internationales. »
 
Tony-Antoine Dibendila

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