RDC : Flambée des prix, Congo Challenge déplore l’incapacité des pouvoirs publics à trouver le remède

RDC : Flambée des prix, Congo Challenge déplore l’incapacité des pouvoirs publics à trouver le remède

Après les dommages causés par la Covid-19 à l’économie planétaire, tous les pays ou presque en paient les frais. En République démocratique du Congo (RDC), aucun secteur de la vie économique n’est épargné, selon une récente publication du bulletin quadrimestriel Congo Challenge. Cette révue éditée sous la supervision du Sénateur et ex-Premier ministre Matata Ponyo. Pour Congo Challenge, il est inexplicable qu’à ce jour, les pouvoirs publics soient incapables de trouver un remède à la flambée des prix intérieurs.

Evoquant le chapitre de la dynamique des prix intérieurs pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, Congo Challenge identifie un fait qu’il qualifie d’« éloquent ».

Selon la source, « les prix ont pris l’ascenseur au cours du second quadrimestre 2020, comparativement à la même période de 2019 et bien évidemment, consécutivement à la survenue de la pandémie de la Covid-19 ». Celle-ci, note Congo Challenge, a perturbé les chaînes d’approvisionnement de tous les produits, et particulièrement les produits alimentaires, dans un pays dont les infrastructures de transport et de communication sont défaillantes.

Des chiffres inquiétants Congo

Challenge note en même temps que « les niveaux des prix sur les marchés qui étaient stabilisés autour de 4% en glissement annuel durant le second quadrimestre 2019, ont été multipliés par 4 voire 7 au cours de la même période de 2020. Et cette situation se dégrade au fil du temps, attestant de l’incapacité des pouvoirs publics à trouver le remède approprié pour contenir la flambée des prix ».

De la décomposition de l’inflation hebdomadaire de ce deuxième quadrimestre par composantes du panier de la ménagère, Congo Challenge, il se dégage que c’est la composante « Santé » qui a subi la plus forte variation par rapport à son niveau de janvier 2019 (29%).

Cette composante (Santé) englobe les biens tels que médicaments et autres produits pharmaceutiques, appareils et matériels thérapeutiques ; services médicaux et paramédicaux extrahospitaliers et ; services des hôpitaux.

Le bulletin Congo Challenge note que le secteur de Transport est celui qui a connu la plus faible variation au mois de juillet 2020 (0,30%). Pour les experts de Congo Challenge, les restrictions aux mouvements liés au Coronavirius peuvent en général expliquer la faible demande que connait le secteur de transport.

Des contradictions relevées

De manière générale sur le marché, les analystes de Congo Challenge indiquent que l’annonce du premier cas de Covid-19 en mars 2020 a été à la base d’une psychose et des grandes spéculations qui ont conduit à la hausse du prix des composantes de panier de la ménagère, que ça soit pour l’eau, gaz et électricité ou encore les biens alimentaires.
« D’ailleurs, au quadrimestre passé, le prix de la farine de maïs dans la province de Haut Katanga était passé de 35 000 CDF à 80 000 CDF pour un sac de 25 Kg. À la mi-mai, suite à la récolte du maïs en cette campagne agricole, le sac de mais se négocie à 25 000 CDF. En juillet 2020, les estimations de CPCM prévoyaient un taux d’inflation fin période 2020 de 21,1%. Pourtant, le taux d’inflation s’est établi à 4,6% en 2019. Ceci équivaut à 3 fois l’objectif fixé à moyen terme (de 7%) par la Banque centrale du Congo », note Congo Challenge.

Durant le quadrimestre sous examen, il s’observe un accroissement significatif du taux directeur de la Banque centrale du Congo, probablement motivé par l’évolution d’autres indicateurs à effet causal et pour des raisons d’arbitrage sur les différents monétaires et interbancaires : taux d’inflation, taux d’intérêt appliqués sur les marchés monétaires, etc. Ce, alors que le taux directeur est resté stable entre mai et août 2019 à 9%, il est passé à 7,5% entre mai et juillet 2020 avant de grimper à 18,5% en août 2020. Pour la BCC, cette hausse de taux d’intérêt visait à ponctionner la liquidité en circulation et ainsi stabiliser le taux de change.

Du côté de Congo Challenge, cette situation est en contradiction avec les besoins de l’économie et la conjoncture qui militent pour l’assouplissement des taux afin de stimuler l’économie. Congo Challenge pense que cette décision serait beaucoup plus pertinente si elle était accompagnée par un certain nombre de mesures notamment la rationalisation des réserves de change, la lutte contre la circulation illicite des capitaux au sein de l’économie, le renforcement de la rigueur dans l’exécution des dépenses publiques.
Face à cette situation, la revue supervisée par Augustin Matata Ponyo estime que la raison qui a poussé la BCC à relever le taux directeur réside dans le souci d’assurer plutôt un arbitrage sur le marché monétaire.

LePouvoir/Z.E


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