RDC/ÉCONOMIE: CONFUSION GÉNÉRALE SUR LE TAUX DE CHANGE A KINSHASA

RDC/ÉCONOMIE: CONFUSION GÉNÉRALE SUR LE TAUX DE CHANGE A KINSHASA
 
Bon nombre de maisons de change de Kinshasa suspendent momentanément leurs activités. Tel est le constat fait le lundi 3 juillet à travers les principaux carrefours de la capitale congolaise. Ces cambistes se disent incertains sur le « vrai taux » de change et attendent la fin de spéculations que connaît le marché pour reprendre le travail.
 
A Kinshasa, le taux de change varie d’un coin à un autre. A Tshangu, 1 dollar s’est changé le lundi 3 juillet à 1.500 fc. A la place Victoire à 1.600 alors qu’au centre-ville il s’est négocié contre 1.650 ou 1.700. Des taux parallèles qui, en réalité, ne correspondent pas à la dernière mise à jour du taux de change officiel de la Banque centrale du Congo (BCC) qui affichait 1996,67 fc (11h), 1966,20 fc (13h) et 1966,09 fc (15h) pour 1 dollar américain (situation de 13h30′).
 
Face à cette confusion née des spéculations, la plupart des cambistes de la capitale refusent carrément de changer le dollar. Certains Kinois éprouvent d’énormes difficultés pour changer le dollar en franc congolais. « J’ai un 100 dollar, mais partout où je vais les cambistes me disent qu’ils ne prennent pas le dollar », se plaignait une femme sur Pont Cabu à Kasa-Vubu ne sachant pas à quel saint se vouer.
 
Une pratique condamnée par la population furieuse d’admettre que ces mêmes cambistes, d’habitude en quête du dollar, refusent aujourd’hui les devises étrangères pour la simple raison que la monnaie locale commence à s’apprécier. C’est ainsi qu’à certains endroits de la ville les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont aux aguets pour traquer les tenants de ces maisons de change véreux et avides d’intérêt. Ce qui justifie la fermeture de plusieurs de ces activités dans la journée de lundi 3 juillet.
 
Intervenant le dimanche 2 aout dans la soirée sur une radio locale, le Directeur général de la Banque centrale du Congo (BCC) a expliqué que « le taux de change est déterminé par le marché selon la loi de l’offre et de la demande ». Jean-Louis Kayembe a indiqué que « le taux de la BCC est indicatif ». Pour lui, l’appréciation de la monnaie locale ces dernières heures est le résultat du travail abattu par la BCC. « Nous avons observé une tendance à la baisse. Nous avons retiré le franc congolais du marché, et le dollar a été injecté ».
 
De l’avis de Jean-Louis Kayembe, la BCC n’entend pas s’arrêter en si bon chemin pour stabiliser la monnaie locale face aux devises étrangères. « Le mercredi prochain nous allons encore vendre les devises aux banques. Cela va jouer sur le taux”, a promis le Directeur général de la BCC. Une semaine avant, Jean Louis Kayembe avait précisé que le problème actuel est conjoncturel. « En 2018, malgré le financement des élections sur fonds propres, le taux d’inflation n’a pas explosé. En 2019 aussi, il y avait la stabilisation. En 2020, jusqu’en mars, le cadre macroéconomique était stable. C’est la Covid-19 qui cause la dépréciation du FC », avait indiqué le DG de la BCC.
 
Le Pouvoir/A7

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