A Tshopo, les réflexions sont menées sur le regard des jeunes dans la marche de l'État

 A Tshopo, les réflexions sont menées sur le regard des jeunes dans la marche de l'État
Au cours de la conférence organisée par le Groupe de Travail sur la Décentralisation et les Élections sous le thème, « l’impunité : les défis d’un État, le dynamisme d’un peuple », à l'amphithéâtre de l'Université de Kisangani, mardi 20 octobre, le professeur Patrick Matata Makalamba a énuméré, avec détails soutenus par le résultat d'une enquête qu'il avait mené, l'apport de la jeunesse dans la lutte contre  l'impunité en République Démocratique du Congo.
 
Citant Thomas Jefferson dans son discours sur l’engagement, « vie, liberté et recherche du bonheur », Patrick Matata indique que le peuple a des droits et lorsqu’un gouvernement les viole et lui impose une situation intolérable, il est dans l’obligation de changer des dirigeants, voire de les renverser : tout individu jouit du droit moral de rechercher son épanouissement, l’homme accède à une vie authentique uniquement grâce à ses propres efforts.
 
« Le diktat de l’obscurantsme sur la lumière prend plusieurs formes et empêche certains jeunes de s’engager tout en constituant un véritable stimulis pour d’autres. Aie le courage de te servir de ton propre entendement », a laissé entendre le professeur Patrick Matata Makalamba.
 
Les valeurs de la modernité recommandent, selon lui, de penser par soi-­même, travailler pour soi-­même, s’exprimer, vouloir se comparer aux autres et entrer en concurrence avec eux, avoir envie de prendre l’initiative, avoir des responsabilités, être le premier à faire quelque chose, avoir envie de créer, d’explorer et d’expérimenter, s’investir intellectuellement.
 
Poursuit-il, le traditionalisme par contre, repose sur l’idée de service, d’obligation, de famille, d’harmonie sociale, d’individu subordonné au groupe. Le pas qui reste à franchir pour l’amélioration du contenu des changements obtenus est plus faible que ceux faits pour obtenir le départ des "présidents fondateurs". 
 
Les valeurs qui conduisent au développement sont universelles tout en favorisant l’expansion des libertés dont jouissent les gens dans la cité. Il n’y a donc pas d’imposition d’un modèle axiologique, pas d’ethnocentrisme associée à cette conception du    développement. Les jeunes n’ont qu’à éviter le piège des discours ethocentriques, a insisté le professeur Patrick Matata Makalamba. 
 
Affirmant que l’impunité est la conséquence de    mauvaises institutions. « Les institutions sont les contraintes humaines formelles et informelles qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales. »        
 
Pour conclure, il existe des institutions meilleures que d’autres qui se traduisent par des performances économiques et sociales supérieures. Le niveau de la croissance illustre la qualité des institutions et donc le degré de développement. Au vu de cette grille d’analyse, les jeunes ont un choix entre accepter la promotion des mauvaises institutions et rester dans la majorité des pauvres ou investir pour l’avènement des bonnes institutions. Celles-ci sont les seules à même de susciter les incitations qui renforcent les performances de la gouvernance publique et celles du secteur privé. Ces performances sont à l’origine du recul de la pauvreté et de l’amélioration de l’utilité collective, le bien-­être communautaire.
 
Sébastien Mulamba, depuis Tshopo

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