Polémique autour des dernières ordonnances présidentielles

Polémique autour des dernières ordonnances présidentielles

« MBATA DOIT APPRENDRE LA CONTRADICTION », MAÎTRE GISÈLE NGUNGUA EXIGE UN DÉBAT D'IDÉES

La polémique autour des ordonnances présidentielles du 17 juillet dernier revient de plus belle, après les apparitions médiatiques de deux scientifiques congolais. Le professeur émérite Raphaël Nyabirungu et le constitutionnaliste André Mbata. Le premier énumère une dizaine de dispositions constitutionnelles qu'il considère comme violées par le président Tshisekedi dans ses nominations dans la justice et l'armée entre autres. Le second rejette cette posture, le qualifiant de « pénaliste qui a atteint la ménopause intellectuelle. » C'est là que l'influente juriste Gisèle Ngungua, une des voix scientifiques respectées dans le pays, intervient. Ce mercredi dans une note d'informations, elle exige un débat axé sur les idées et interpelle André Mbata.
 
« Un professeur est un modèle d'éthique et est porteur de valeurs cardinales ! Mbata doit apprendre la contradiction ! Le droit constitutionnel n'a pas commencé avec lui ! Pourquoi chaque fois ses sorties médiatiques sont axées sur les individus qui ne partagent pas son opinion ! », s'exclame-t-elle.
 
De poursuivre, méthodique : « la science se prouve ! Il n'y a pas lieu d'insulter ! Il doit apporter les arguments juridiques contraires pour renverser les huit dispositions tant constitutionnelles que légales que Nyabirungu estime avoir été violées. »
 
Dans sa conférence de presse du mardi 08 septembre, l'ancien doyen de la Faculté de Droit de l'Université de Kinshasa Raphaël Nyabirungu, dans un exposé à 17 pages, a estimé que ces ordonnances prisent par le président Tshisekedi portent un coup à la constitution et à l'État de droit. Elles doivent être soit rapportées, soit considérées comme de nul effet.
 
Subissant par conséquent des attaques individuelles de la part du professeur du Droit constitutionnel André Mbata, député national et cadre de l'UDPS parti dont le leader est le président congolais. Dans ses invectives, il prend Nyabirungu pour « un pénaliste qui a atteint la  ménopause intellectuelle », ne pouvant pas « s’aventurer sur un terrain dont il n’a pas la maîtrise. » Des mots qui, au passage, ont indigné la toile congolaise.
 
Tony-Antoine Dibendila

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