Louis d'or Balekelayi exige la libération immédiate du journaliste Israël Mutombo [Tribune]

Louis d'or Balekelayi exige la libération immédiate du journaliste Israël Mutombo [Tribune]

Le journaliste Israël Mutombo présentateur du programme audiovisuel Bosolo na politik, a été interpellé ce jeudi 13 août en plein tournage par les services de sécurité dans la ville de Kasumbalesa, à la province Sud-Est congolais du Haut-Katanga. Il enregistrait sur les tracasseries dont sont victimes la population de ce coin de la RDC de la part de certains services de l’État commis à la frontière congolo-zambienne. La province du Haut-Katanga dit ne pas être concerné par cette arrestation, qu'il s'agirait des services privés de renseignement non autrement identifiés qui opèrent à la frontière. Dans sa tribune, Louis d'or Balekelayi rappelle la loi qui protège le métier du journaliste, exigeant par conséquent la libération de ce professionnel des médias.

Le Droit d’accès à l’information (DAI) est un droit fondamental de l’individu et de la collectivité de chercher à savoir et de faire savoir ce qui se passe dans la vie publique. Les lois relatives à la liberté d’information reflètent le postulat essentiel selon lequel toutes les informations détenues par les gouvernements et les institutions gouvernementales sont en principe publiques et ne peuvent être cachées que s’il existe des raisons légitimes de le faire, les cas typiques étant le respect de la vie privée et les questions de sécurité par exemple.

La loi fixe les modalités d'exercice de ces libertés. Ces garanties sont présentes dans la loi n°96/002 du 22 juin 1996 portant modalités de l'exercice de la liberté de la presse en RDC qui dispose que : "Toute personne a droit à la liberté d'opinion et d'expression. Par liberté d'opinion et d'expression, il faut entendre le droit d'informer, d'être informé, d'avoir ses opinions, ses sentiments et de les communiquer sans aucune entrave, quel que soit le support utilisé, sous réserve du respect de la loi, de l'ordre public, des droits d'autrui et de bonnes moeurs. Le journaliste est libre d'accéder à toutes les sources d'informations. Il n'est pas tenu de divulguer ses sources d'information sauf dans les cas prévus par la loi".

Le code de déontologie et d'éthique des journalistes congolais (mars 2004)

En mars 2004, quinze ans après leur assemblée précédente, les journalistes congolais se sont retrouvés en congrès national qu'eux-mêmes ont baptisé "Congrès de la refondation". Parmi les acquis de ces assises, les professionnels de la presse ont adopté un nouveau code de déontologie et d'éthique du journaliste congolais, un code qui n'est pas très différent de celui adopté en 1971 à Munich. Comme on peut le constater, ce texte a le mérite de permettre au journaliste d'accéder librement aux sources d'information sans distinction de leur appartenance, qu'elles soient publiques ou privées. D'entrée de jeu, son préambule affirme que le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est l'une de libertés fondamentales de tout être humain et que de ce public à connaître les faits et les opinions, procèdent l'ensemble des devoirs des journalistes.

A cela, il ajoute que la responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime sur toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics et que la mission d'informer comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s'imposent spontanément.

Ce droit garanti également par ce texte devrait permettre aux journalistes d'accéder en tout temps aux informations. Ce n'est pas pour autant dire que nous allons fouler aux pieds toutes les restrictions devant être appliquées aux citoyens du pays. Les journalistes sont, rappelons-le, des citoyens comme tant d'autres dans un pays. Mais au regard de la loi, leur tache est noble. A eux, est conférée la charge de la collecte, du traitement, de la production et de la diffusion de l'information et des programmes à travers un organe de presse. En tant que tel, nous trouvons imaginable de leur permettre d'accéder aux sources d'information sans distinction. Qu'elles soient publiques ou privées parce que l'information est un fait, données ou message de toutes sortes mis à la disposition du public par voies de presse écrite ou de la communication audiovisuelle.

La livraison de l'information par les sources privées ne cause généralement pas problème, bien que l'on puisse dénombrer dans elles, une certaine réticence. Très souvent soumis au respect de la hiérarchie, certaines des sources privées renvoient tout simplement les journalistes au près de leurs supérieurs.


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