Tshopo : Dans l'administration publique, les calvaires des cadres non originaires [Opinion]

Tshopo : Dans l'administration publique, les calvaires des cadres non originaires [Opinion]

Comme on pouvait malheureusement s'y attendre le moins, avec la mauvaise compréhension du découpage territorial par certaines autorités politiques en province, la situation est tellement inquiètante dans certaines provinces de la République démocratique du Congo, le cas de la Tshopo est illustratif.

 
Le dernier cas en date est celui du traitement réservé à certains cadres de l'administration publique, cas de la division des affaires foncières en général et de l'urbanisme en particulier dans ladite province.
 
En effet, si pour le chef de division de cadastre suspendu et remplacé par des moyens frauduleux avec un agent double (agent non identifié, bénéficiaire de deux postes dans le même arrêté ; agent de la division du cadastre dans la circonscription foncière de Ubundu et chef de division du cadastre dans la circonscription foncière de Kisangani/Sud avec deux numéros matricules différents, tout ne lui appartenant pas du reste, selon une source), puisque c'est le cas de le dire, la division provinciale de l'urbanisme n'en est pas épargnée avec des méthodes cavalières sous la marque des mêmes acteurs politiques en province.
 
En effet, les deux cas sous examen sont une illustration ubuesque qui décrédibilisent certains animateurs des institutions politiques provinciales (Assemblée provinciale qui semblerait subir la loi de la force des pièces trébuchantes et qui aurait demandé au gouverneur de ne pas notifier à son temps à en croire le dire d'un député provincial ) et l'excutif provincial (le maître d'ouvrage en province de la Tshopo dans cette pratique honteuse).
 
En effet, suspendu par le gouverneur de la Tshopo en date du 13/09/2019 pour une durée ne dépassant pas trois mois, Justin Mitangala, chef de division provinciale a.i de l'urbanisme vient ainsi de totaliser près d'une année dans cette situation, est ce, malgré la levée de cette fameuse mesure  par la lettre numéro 442 du 18 mars 2020 signée par le ministre d'État à l'urbanisme, Pius Mwabilu Mbayu Mukala.
 
Il convient de noter que la remise en fonction de Justin Mitangala après clôture du dossier disciplinaire telle qu'envoyer au ministère de tutelle est fonction des irrégularités constatées dans la procédure en la matière, violant ainsi l'article
 66 du statut du personnel de carrière des services publics de l'État car, le délai y relatif était non seulement largement dépassé mais aussi et surtout n'a pas respecté la volonté du législateur en la matière, soit trois mois après l'ouverture de l'action disciplinaire.
 
Le ministre d'État en charge de l'urbanisme a donc remis l'agent précité dans ses fonctions du chef de division de l'urbanisme a.i, en vertu de l'article 15 alinéa 2 de l'ordonnance n°82-029 du 19 mars 1982 et ce, en attendant la nouvelle mise en place générale des chefs des bureaux et des divisions des provinces.
 
Il en est de même du chef de division du cadastre de la circonscription foncière de Kisangani/sud, monsieur Kandolo.
Certaines sources dans le couloir du gouvernorat renseignent que l'exécutif provincial n'attend pas de cette oreille pour le cas échéant.
 
Dans le même ordre d'idée, accusant réception de la lettre de transmission dudit dossier au ministère, le ministre d'État à l'urbanisme a fait savoir au gouverneur de la Tshopo, qu'il avait décidé de lever la mesure et replacé l'intéressé en activité.
Pius Mwabilu avait motivé sa position par le fait que  l'action disciplinaire de l'agent susmentionné a été ouverte le 13/09/2019 et qu'au regard des dispositions légales, elle devrait être clôturée dans les trois mois soit au plus tard le 13/12/2019.
Le ministre d'État à l'urbanisme note que ledit dossier a été réceptionné dans son cabinet le 10/12/2019 soit, trois (3) jours de l'expiration du délai, ce qui fait que le temps du traitement par son cabinet, a fait que ce dossier est tombé sous le coup de l'article 66 de la loi 016/013 du 15 07/2016, portant statut des agents de carrière des services publics de l'État.
 
À ce stade, force est de constater, que le gouverneur de la Tshopo foule au pied et ne s'exécute devant aucune décision et/ou arrêté des ministres du gouvernement central, ministre d'État soit-il, Wale Lufungula Louis-Marie, gouvenrenur de la Tshopo s'en moque sans vergogne.
 
À Kisangani, l'on se rappelle du DG, Directeur Général de l'IBTP nommé par le ministre de l'ESU qui a été bloqué pendant 11 mois sans entrer en fonction suite aux manœuvres du même exécutif.
Il a fallu que les étudiants de cette institution supérieure puisse crier fort pour que ce Directeur Général de l'Institut de Bâtiment et Travaux Publics de Kisangani soit installé par les étudiants il y a de cela moins d'une semaine.
 
Faudrait-il des pareilles actions pour que les arrêtés pris au niveau du gouvernement central soit pris en compte par l'excutif provincial ?
Voilà toute la question.
Kisangani n'a pas besoin de vivre ce genre des scandales à la Gondwanaise.
 
Sébastien Mulamba, depuis la Tshopo

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