Pour JED, la promesse de la nouvelle gouvernance congolaise sur « le renouveau de la presse reste lettre morte »

Pour JED, la promesse de la nouvelle gouvernance congolaise sur « le renouveau de la presse reste lettre morte »

Les professionnels des médias célèbrent la journée internationale de la presse, ce dimanche 03 mai. La structure congolaise Journaliste en danger (JED), dans un communiqué rendu public pour l'occasion, confirme que la République démocratique du Congo demeure un pays à risque pour l'exercice de la profession journalistique, comme l'a souligné le dernier rapport des Reporters sans frontières (RSF) dénommé « Une décennie décisive… », classant le Congo à la 150 ème place sur 180 pays du monde, malgré les promesses du nouveau président prônant plus de liberté et de valorisation de cette profession. JED dit avoir documenté 83 cas d’atteinte à la liberté de la presse à Kinshasa et dans les différentes provinces du pays, en l’espace de 12 mois, soit depuis la célébration de la dernière journée mondiale de la liberté de la presse.

Ledit communiqué évoque le rapport des RSF qui évalue l’état de la liberté de l’information dans le monde, dans ces extraits qui reviennent sur la RDC où l'on dénombre les « arrestations, agressions, menaces, médias suspendus, pillés ou saccagés, atteintes à la liberté de la presse, qui avaient connu un léger recul à l'arrivée du nouveau président Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019 », mais qui se maintiennent toutefois à « un niveau alarmant. »
 
À titre illustratif, décrit la note, « l’arrestation et la détention, le 24 avril 2020, d’Alexandre Robert Mawelu, journaliste à la Radio Liberté, station émettant à Gemena (nord-ouest de la RDC), à la prison d’Engenga, à Gemema, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi (nord-ouest de la RD Congo) à la suite d’une plainte du gouverneur de province, Jean-Claude Mabenze. Le journaliste était poursuivi pour "imputations dommageables et outrage envers l’autorité légalement établie" »; « la Radio Maendeleo de Kabambare au Maniema, station émettant à Salamabila, a été contrainte d’interrompre, le 22 janvier 2020, ses activités à la suite des menaces proférées par Sheikh Assani, chef milicien du groupe Malaïka, qui leur reprochait de n’avoir pas diffusé ses messages. Après plusieurs jours d’interruption, la Radio a repris ses activités le 15 mars, après avoir demandé et obtenu le déploiement d’un groupe des militaires des forces armées  pour assurer la sécurité de ses installations »; ou encore, « des menaces de morts proférées contre une douzaine des journalistes à Butembo dans le Nord-Kivu. Il s’agit des journalistes engagés dans la campagne de lutte contre l’épidémie à virus Ebola. Des tracts promettant une "extermination" des agents de la riposte et des radios qui diffuseraient leurs messages avaient été distribués dans cette ville du Nord-Kivu. »
 
Et le communiqué de conclure, « après les premiers discours de changement du nouveau chef de l’Etat Félix Tshsekedi qui s’était engagé de faire des médias un "véritable quatrième pouvoir", JED constate que ses promesse d’un renouveau pour la presse congolaise demeurent lettres mortes. En l’absence des actes concrets, notamment, l’adoption d’un nouveau cadre légal pour remplacer la loi de 1996, qui criminalise les délits de presse; la lutte contre l’impunité dont jouissent les auteurs des violences contre les journalistes. »
 
TAD
 
 

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